La conseillère Josée Duplessis a déposé une motion au dernier conseil pour demander la remise en ligne des séances sur Internet.
(Photo: Archives)
La cyberdémocratie ne répond plus
Depuis le mois de mai, les séances du conseil ne sont plus en ligne sur le site Internet de l'arrondissement. La raison: Les 10 000 $ annuels pour assurer le service coûtaient trop cher pour le nombre de fréquentations.
Le 4 octobre 2004, le Plateau-Mont-Royal avait été le premier à Montréal à diffuser en direct les séances de son conseil sur Internet. L'arrondissement se targuait alors d'être à l'avant-garde en matière de démocratie participative.
Or, depuis quelques semaines, ce service n'est plus disponible. Interrogée par la conseillère Josée Duplessis lors de la séance du 1er juin, la mairesse Fotopulos n'a pas été en mesure, sur le coup, de fournir une explication claire à la situation.
«La transparence de la gestion de l'arrondissement qui vit actuellement une crise est un impératif afin que le Plateau relève avec succès le défi de la restructuration organisationnelle», a indiqué la conseillère de Projet Montréal dans une motion déposée au conseil.
Pas assez populaire
Une semaine plus tard, l'arrondissement a justifié la décision en indiquant que la webdiffusion en direct du conseil n'était pas assez populaire et qu'elle était donc, par le fait même, trop dispendieuse.
Au cours de la dernière année, sept personnes en moyenne ont visionné les séances du conseil en direct sur le site Web. Il en coûtait 10 000 $ par année auprès de la firme Cooptel pour assurer la captation, la diffusion et l'hébergement des séances.
«Lors de la cessation du contrat, les fichiers informatiques été transférés du serveur du fournisseur à celui de la Ville. Ils seront, sous peu, remis en ligne sur le serveur de la Ville», indique l'attaché politique de Mme Fotopulos, Marc Snyder.
La conseillère Duplessis a demandé pour sa part la remise en ligne des séances dès le mois prochain et de rendre les archives des trois dernières années à nouveau accessibles aux internautes.
L'arrondissement étudie la possibilité de faire une captation vidéo des séances qui seraient mises en ligne en différé dans les jours suivants les conseils, précise le porte-parole.
À l'origine, la mairesse Fotopulos voulait permettre aux citoyens non seulement d'assister en ligne aux séances du conseil, mais aussi de poser des questions à distance. L'arrondissement avait déposé alors une demande d'aide financière de 300 000 $ à la ville-centre afin de soutenir ses efforts en vue d'implanter la démocratie participative sur son territoire. Parmi les autres projets: la tenue de consultations publiques en ligne (hyper-débats), l'accès complet à la réglementation et la possibilité de se prononcer en ligne sur les projets de règlements.
Un outil incontournable
«L'Internet est un outil important pour la transparence», considère Luc Rabouin, qui vient de publier Démocratiser la ville chez Lux Éditeur. Le directeur du Centre d'écologie urbaine, qui organisait la fin de semaine dernière le 5e Sommet citoyen de Montréal, s'est dit «très surpris» de la décision d'arrêter la diffusion des séances du conseil sur le Web.
«Je ne comprends pas pourquoi. C'est très simple et cela ne coûte pas cher», estime-t-il. «Pour favoriser la démocratie participative, il est important d'utiliser tous les moyens possibles, et Internet est un incontournable», ajoute-t-il.
Lors du Sommet citoyen de Montréal, le rôle du Web dans la démocratie est revenu plusieurs fois sur la table. La candidate à la mairie pour Vision Montréal, Louise Harel, s'est engagée à rendre tous les noms des contributeurs à son parti disponibles en ligne. La possibilité de voir sur Internet qui vote pour ou contre une proposition lors des conseils de ville et d'arrondissement a également été évoquée comme un élément à apporter pour rendre plus transparent le processus démocratique.
(Photo: Archives)
Alex Norris, candidat de Projet Montréal au district Mile-End
Commentaire mis en ligne le 10 juin 2009Est-ce que messieurs Labrecque et Prescott et madame Fotopulos ont quelque chose à cacher en cette période pré-électorale? Il semblerait que oui, car cette décision ne fait aucun sens. La diffusion en ligne des séances du conseil d'arrondissement est un méthode peu coûteux de permettre aux gens qui sont incapables de se déplacer la possibilité de suivre les débats et les décisions qui sont prises en leur nom à partir de chez eux. On entend souvent un discours de 'démocratie participative' et de 'transparence' de cette administration, mais ses gestes vont la plupart du temps dans le sens contraire.