Le maire Tremblay manque d'autorité morale pour demander des comptes, estime Amir Khadir.
(Photo: Jacques Pharand)
Amir Khadir appuiera Projet Montréal
Le député de Mercier devrait donner une nouvelle fois son appui à Projet Montréal, parti municipal qu'il avait déjà soutenu en 2005. Son épouse, Nima Machouf, fait d'ailleurs partie des candidats qui se présenteront pour cette formation dans le Plateau Mont-Royal lors du scrutin du l1er novembre prochain.
Si Québec Solidaire n'a pas encore donné de mot d'ordre pour appuyer un parti plutôt qu'un autre, son co-porte-parole a déjà choisi son camp, même si ce n'est pas de manière officielle. «Tout n'est pas parfait avec Richard Bergeron, mais c'est mieux que Tremblay ou Labonté. Montréal a besoin d'un chef à la hauteur de la situation et porteur d'un possible changement», indique Amir Khadir
Le député de Mercier estime que Montréal souffre actuellement d'un problème de leadership. «Le maire Tremblay manque d'autorité morale pour demander des comptes. Dans ce sens, il est l'artisan de sa propre chute», commente-t-il.
Il ne croit toutefois pas que l'attitude des élus d'Union Montréal soit à remettre en cause dans le Plateau Mont-Royal. «Mme Fotopulos semble bien faire son travail. Il semble que ce soit plutôt un problème avec des fonctionnaires, non ?» avance-t-il, s'avouant peu au courant des récents démêlés de la mairesse de l'arrondissement, dont la gestion a été mise en cause par l'ombudsman de Montréal le mois dernier.
Les problèmes de gouvernance qui transparaissent depuis quelque temps au sein des administrations provinciale - avec l'affaire de la Caisse de dépôt et placement, et plus récemment du fonds FIER – et municipale - avec le scandale des compteurs d'eau - sont révélateurs d'une culture politique qui doit être modifiée en profondeur, selon le député.
«Cette culture banalise les détournements de fonds et la corruption. On banalise et on esquive», constate l'élu, qui dit avoir été «très déçu» par l'attitude du ministre responsable du Développement économique, Raymond Bachand, ancien président du Fonds de solidarité de la FTQ, qui a tenté fin avril de défendre les investissements réalisés par les FIER (Fonds d'intervention économique régional) dans des entreprises où deux sympathisants libéraux détenaient des intérêts.
Selon lui, la création d'une poste de commissaire à l'éthique, proposé par Jean Charest, n'a sa raison d'être que si on lui donne de vrais pouvoirs. «S'il peut juste faire des recommandations, cela ne sert à rien», estime-t-il.
Un manifeste pour le 1er mai
À l'occasion de la Fête du travail, le 1er mai dernier, le député a lancé un manifeste pour questionner le capitalisme et proposer une série de solutions.
Plutôt que chercher des coupables à la crise économique actuelle, le député de Québec Solidaire remet en cause le système capitaliste. Il dénonce le déséquilibre profond entre les avantages consentis aux détenteurs de capitaux et la perte de valeur accordée au travail.
«C'est peut-être le moment, si Jean Charest est sincère quand il dit que les crises économique et écologique sont liées, de questionner le modèle du capitalisme», indique-t-il.
Le député à l'Assemblée nationale propose d'utiliser le levier de l'état pour investir dans des projets générateurs de retombées durables pour le Québec plutôt que d'aider, par exemple, l'industrie automobile à grands coups de dollars.
Il préconise d'investir plutôt dans le transport en commun pour alimenter un secteur de l'économie dans lequel le Québec est traditionnellement fort, avec des entreprises phares comme Bombardier.
Une autre solution consiste à se lancer dans un vaste chantier d'efficacité énergétique. «Il faut commencer par isoler nos maisons, ainsi que les dizaines de milliers d'édifices publics, investir dans la géothermie. On gaspille des milliards de dollars en perte d'énergie.»
Ce programme, qui passe aussi par la construction de logement social et un développement accru de l'éolien, permettrait de créer des milliers d'emplois au Québec, croit le député.
Le virage passe par l'investissement dans des emplois durables, par le soutien à l'économie sociale, souligne le député, qui précise qu'il y aurait pour 200 millions de dollars de projets prêts à être lancés au Québec dans ce secteur, si le gouvernement provincial donnait le coup de pouce financier nécessaire.
(Photo: Jacques Pharand)