L'avenir est au livre électronique, estime l'auteur Pierre Bonin. (Photo: Jacques Pharand)
Du papier... à la Toile
Peu d'auteurs québécois se lancent dans le roman historique. Plus rare encore sont ceux qui, comme Pierre Bonin – auteur de trois ouvrages sur la guerre au Maroc – ne sont publiés qu'en ligne. Sa maison d'édition, la Fondation littéraire Fleur de Lys– un organisme à but non lucratif – est la seule au Québec à ne publier que sur le net – et papier sur demande.
Ainsi, M. Bonin ne touche pas un sou, le livre virtuel étant téléchargeable gratuitement. L'auteur recevra cependant quelques subsides dans le cas de l'impression papier.
Mais l'aventure virtuelle devient, pour Pierre Bonin, une belle carte de visite, d'autant plus que son dernier bouquin Abd El Krim ou l'impossible rêve figure déjà parmi les dix livres numériques gratuits les plus lus chez son éditeur. «J'aime mieux savoir que 1500 Internautes, de partout à travers le monde, ont lu mon livre, que d'avoir imprimé 300 livres dont 150 resteront peut-être sur les tablettes», justifie-t-il.
Son ebook à la main, Pierre Bonin va plus loin dans l'expérience du cyberespace. Son petit Sony – Amazon offre aussi une version intéressante, dit-il – lui permet de télécharger 150 ouvrages «le contenu moyen d'une bibliothèque personnelle» qu'il peut ainsi allègrement transporter partout, sous le bras. «Archambault est actuellement le seul au Québec à vendre cet appareil qui se détaille environ 300$.»
Pour lui, il est clair que l'avenir est prometteur pour le livre électronique. Sans crier à la mort du médium traditionnelle, les contraintes écologiques – et économiques, le téléchargement étant moins onéreux – attireront de plus en plus d'adeptes, croit-il.
Et, si le marché anglophone a une longueur d'avance en matière d'offre sur Internet, les grandes maisons d'édition européennes telle Bayard sont aussi de la partie avec une collection virtuelle, actuellement modeste, mais certainement appelée à prendre de l'expansion, affirme Pierre Bonin.
Saviez-vous que?
«Les éditeurs traditionnels refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention.» Serge-André Guay, éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys.