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Richard Bergeron affûte ses armes

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 14 novembre 2008 à 13:14
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Richard Bergeron affûte ses armes
Richard Bergeron veut étendre la participation citoyenne dans la gestion municipale de Montréal. (Photo: Jacques Pharand)
Richard Bergeron affûte ses armes
À un an de l'échéance municipale, le chef de Projet Montréal est déjà en mode campagne. Son grand défi: Faire en sorte que les Montréalais l'envisagent comme leur prochain maire. Pour cela, il devra se réapproprier des thèmes fondateurs de son parti, comme le tramway, récupérés par d'autres formations politiques.
Attablé dans un petit café de l'est du Plateau, Richard Bergeron est tiré à quatre épingles. Costume élégant, cravate assortie: le grand jeu. Pas pour la journaliste du journal Le Plateau, mais en prévision d'une sortie publique qui aura lieu le soir même. «Il faut que les gens s'habituent à me voir comme le prochain maire de Montréal», dit-il.

Un détail cloche pourtant: Sur son revers, l'épinglette de l'hôtel de ville a la tête en bas. Faut-il y voir un symbole de sa dissidence ? Richard Bergeron se contente de sourire et de la replacer à l'endroit.

Venu pour parler du budget participatif du Plateau Mont-Royal, le conseiller élu dans le district Delorimier critique vertement cette démarche qui fait pourtant la fierté de l'administration d'Helen Fotopulos. «C'est de la manipulation politique. Les gens votent sur une part infime du budget», dit-il.
Le réseau artériel oublié
Il reproche entre autres à la mairesse d'avoir profité du budget participatif portant sur l’année 2009, année électorale, pour doubler les investissements qui seront faits, laissant peu d’argent pour 2010 et 2011. Il regrette également que l'exercice ne touche pas le réseau artériel, alors que c'est un des sujets qui préoccupe le plus les résidants du Plateau.
La mise en œuvre du budget participatif sur le Plateau Mont-Royal aura coûté 390 000 $, affirme-t-il. «Est-ce qu'on a vraiment besoin de tout cet appareillage pour refaire le parc Saint-Pierre-Claver, alors que ce serait plutôt du ressort d'une association de riverains ?» interroge-t-il.

S'il est élu en 2009, M. Bergeron a l'intention d'étendre la participation citoyenne dans la gestion municipale montréalaise, sur le modèle d'Ottawa, où près de 2500 citoyens sont consultés chaque année pour la préparation du budget. Un de ses premiers gestes sera d'organiser un référendum sur les premiers 25 km de réseau de tramway.
Le chiffre qui tue
Depuis son élection comme conseiller de ville en novembre 2004, l'ancien responsable des analyses stratégiques à l'Agence métropolitaine de transport joue le rôle du leveur de lièvres au conseil municipal. Réputé pour avoir le chiffre qui tue, il a plus d'une fois placé l'administration du maire Tremblay en face de ses contradictions.
Un exemple: Montréal vient de débloquer 300 000 $ pour le projet de tramway. Il crie à l'imposture: Les études des grands projets coûtent d'habitude environ 10 % du prix total. À ce tarif, ce seraient plutôt 2,6 millions de dollars qu'il faudrait budgéter pour les études, soutient-il.

Le «tramway de papier» du maire Tremblay, comme il l'appelle, lui reste en travers de la gorge. Il a été un des premiers à revendiquer l'implantation d'un réseau de tram à Montréal. Cette idée accueillie au début avec beaucoup de scepticisme est aujourd'hui reprise par tous. «Les gens me demandent ce que je pense du tramway de Tremblay. C'est cruel», avoue-t-il.
Un discours à renouveler
Une des principales difficultés, durant la future campagne municipale, sera de distinguer son programme de celui des autres. Plusieurs de ses thèmes fétiches, comme le développement durable et les transports en commun, font désormais les choux gras d'autres formations politiques.
«Lors de la dernière partielle dans Ahuntsic, les feuillets des trois principaux candidats se ressemblaient beaucoup», constate son adjointe, Émilie Thuillier, qui était en lice. Arrivée troisième, la candidate de Projet Montréal a remporté près de 27 % des voix.

Richard est confiant de remporter la mairie du Plateau-Mont-Royal et prévoit rafler la majorité des voix dans au moins deux ou trois autres arrondissements. Pour cela, il faudra donc se renouveler, mais également bâtir une équipe crédible. Pour l'instant, un peu à l'image de l'ADQ de Mario Dumont, Projet Montréal est le parti d'un seul homme. Les prochains mois seront donc décisifs pour attirer des candidats de qualité.
La semaine prochaine
Le bilan de l'administration Fotopulos

(Photo: Jacques Pharand)

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