Antoine Palangie a déposé près de 800 invitations dans les boîtes aux lettres du secteur.
(Photo: Jacques Pharand)
La rue Saint-Grégoire: L'enfer au quotidien
Le Plan de déplacement urbain vise à concentrer la circulation de transit sur les artères pour dégager les petites rues du Plateau. Le concept fait sursauter les riverains du secteur Saint-Grégoire, une ancienne zone d'industrie devenue aujourd'hui plus résidentielle. Confrontés au passage incessant des camions, ils veulent faire changer sa qualification pour la ramener à la nouvelle vocation du quartier.
Habiter en face du parc Laurier semble être le paradis ? Qu'on se détrompe, affirme Antoine Palangie. Le jeune ingénieur a acheté il y a quelques années un condo au rez-de-chaussée sur la rue De Brébeuf, à quelques pas de la rue Saint-Grégoire. Il croyait trouver la tranquillité. C'est plutôt le bruit continu des camions qui rythme ses journées.
«C'est insupportable, dit-il. On pense que l'on va finir par l'oublier, mais cela reste très présent.» Au bruit des remorques qui claquent, des freins qui grincent et des moteurs qui accélèrent, il faut ajouter les vibrations engendrées par les mastodontes.
À lire cette description, on pourrait se croire au bord du Métropolitain. On se trouve plutôt en plein quartier résidentiel, au bord d'un des plus beaux parcs de Montréal, à quelques minutes de marche des commerces sympas de la rue Laurier.
Amélioration pour les uns au détriment des autres
Antoine Palangie a cru voir briller une lueur dans la nuit en apprenant que l'arrondissement préparait un plan de déplacement urbain pour réduire les nuisances liées à la circulation des véhicules à moteur dans les rues du Plateau. Il a été très déçu de constater que dans le projet, les rues appartenant au réseau artériel, comme la rue Saint-Grégoire, étaient plutôt destinées à canaliser la circulation de transit.
Une situation qu'il juge inique : «Je déplore le principe qui consiste à détourner la circulation des rues locales vers les rues collectrices et les artères, dont le résultat évident sera, puisqu’aucune mesure de réduction massive du trafic global n’est prise, une amélioration des conditions de vie des riverains déjà les plus favorisés en la matière, et une dégradation de celles des riverains pour qui elles sont déjà les plus difficiles», indique le résidant.
Les statistiques démontrent que 40 % des résidants du Plateau vivent le long d'artères ou de collectrice.
Il y a quelques semaines, la vitesse sur la portion de la rue Saint-Grégoire jouxtant le parc Laurier, autrefois limitée à 30 km/h, est passée à 50 km/h. «Ce n’est pas précisément ce que j’appellerais aller dans le sens du progrès, d’autant que le croisement déjà fort dangereux avec la piste cyclable se trouve sur cette section», souligne le citoyen.
Le Portrait et diagnostics des déplacements du Plateau, qui dessine les grands axes d'orientation du PDU, fait mention des préoccupations des citoyens liées au camionnage. L'arrondissement écrit à ce sujet qu'il entend «explorer diverses options» pour limiter la présence des camions, sans toutefois nuire à l'approvisionnement des commerces et entreprises, afin de préserver la «vitalité économique» du Plateau.
Un secteur laissé pour compte
«Les riverains du secteur ont un peu l’impression d’être les laissés-pour-compte des politiques d’amélioration de la qualité de vie du Plateau», estime Antoine Palangie.
Inquiet de voir la situation se dégrader, il a décidé de réunir les autres résidants du secteur pour faire pression afin de demander le changement de la vocation artérielle de la rue Saint-Grégoire et de la rendre conforme au nouveau visage du quartier, devenu principalement résidentiel, avec la construction de nombreux condos sur les anciens terrains vagues.
Appuyé par la Coalition pour la réduction et l’apaisement de la circulation (CRAC), le citoyen a distribué plus de 800 invitations aux portes de quartier pour une première rencontre d’information et d’échange entre les riverains, qui se tiendra le 15 octobre prochain, à 19 h, dans un lieu à déterminer. Au moment d'écrire ces lignes, il avait déjà reçu une vingtaine de confirmations.
En plus du trafic sur Saint-Grégoire, les discussions devraient également porter sur l'avenir du terrain vague de la brasserie RJ dont l’avenir reste incertain, les difficultés de reconversion du secteur de la voie ferrée et la lisière nord du parc Laurier.
Les personnes qui souhaitent participer à la réunion peuvent contacter Antoine Palangie, au 514 525-2549.
(Photo: Jacques Pharand)
Barbara Biskupski
Commentaire mis en ligne le 5 décembre 2008Residente de la rue St gregoire, je souffre enormement des bruits de voiture. Je comprends qu'on ne peut pas completement stopper le traffic, en revanche ne peut on pas "forcer" les voitures a nous respecter, nous les residents ?
Il me semble qu'il y a pleins d'alternatives comme les ralentisseurs. (dos d'anes) Ils seront certainement tres dissuasifs sans stopper le flot des voitures.