J’ai vu comme à peu près tout le monde—Ah ! le pouvoir d’internet !--cette pochade que se sont payée Michel Rivard et compagnie et qui a fait un malheur sur You Tube.
D’aucuns ont dit qu’ils avaient raté la cible, que le sketch se rapportait plus au problème d’incommunicabilité au niveau de la langue plutôt qu’à la culture et aux récentes coupures, ajoutant que les gens en poste chez les anglophones ne sont pas comme ça.
On le sait! On n'est pas des épais finis, on a vu neiger. J’aimerais vous rappeler que c’est un sketch pour alerter la population, un sketch pour faire jaser, pour ouvrir le débat.
Ce sketch veut simplement dire que, de l’autre côte de la frontière imaginaire, personne ne nous comprend et surtout ne connaît moindrement notre culture.
Par ce sketch, c’est prouver justement que notre culture est vivante et que les artistes d’ici peuvent se revirer sur un dix cents pour alerter les foules.
Quand je dis que les anglos ne nous comprennent pas, je devrais dire qu’ils nous envient -- je parle du milieu des arts. J’ai déjà fait une mise en scène à Toronto et les artistes anglophones que je côtoyais nous suppliaient, il y a bien longtemps de cela par contre, de ne pas quitter le Canada, que nous étions sa culture la plus vivante ; que sans nous, le lendemain, ils deviendraient américains.
C’est pas beau ça ?
De toute façon, quoiqu’on en dise, on fait parler de nous. Nos joyeux lurons démontrent aussi qu’on ne nous retire pas impunément 45 millions pour les arts quand, il n’y a pas si longtemps, on a injecté 70 milliards dans le militaire, sans que nous sortions nos munitions pour partir en guerre nous autres aussi.
On dira ce qu’on voudra, mais quand les artistes du Québec décident de se liguer, ils deviennent une grande famille dont je suis fier de faire partie et faut pas nous piler sur les pieds.
Je le répète : faisons la grève générale d’un soir. Je supplie L’Union des Artistes d’organiser tout ça. Je suis trop vieux pour m’époumoner.
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