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Prendre le conflit à bras le corps

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 20 septembre 2008 à 7:53
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Parasite, de Marie-Christiane Mathieu. Très d'actualité en cette période d'élections, elle illustre les glissements et dérives de la communication dans la sphère publique. (Photo: Éric Carrière)">Prendre le conflit à bras le corps
La commissaire Sylvie Lacerte a retenu l'installation Parasite, de Marie-Christiane Mathieu. Très d'actualité en cette période d'élections, elle illustre les glissements et dérives de la communication dans la sphère publique. (Photo: Éric Carrière)
Prendre le conflit à bras le corps
Pourquoi le conflit dans le milieu de l'art fait-il peur alors qu'il est courant dans notre vie quotidienne ? Pour illustrer ce paradoxe, la commissaire Sylvie Lacerte réunit la vision de trois jeunes artistes contemporains jusqu'au 28 septembre à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal.
Prendre la bête à bras le corps, c'est la démarche qui a guidé Sylvie Lacerte. La commissaire invitée a publié en 2007 un ouvrage consacré à la médiation de l'art contemporain. «La médiation culturelle est un terme à la mode qui évacue la notion de conflit. Pourtant, les conflits sont partout autour de nous. J'ai voulu montrer, avec cette exposition, que l'art contemporain n'est pas si éloigné de nous, et jeter des ponts entre l'art et le public.»

L'art contemporain n'a jamais été aussi populaire qu'aujourd'hui auprès de l'élite économique et de la jet-set internationale. Certaines œuvres atteignent, des prix astronomiques, ce qui contribue à creuser un abîme d'autant plus profond entre l'art et le public, indique-t-elle.
Discours politique et démocratie
Le projet se veut une réflexion sur la nécessité d'avoir recours à un intermédiaire pour résoudre des conflits larvés ou déclarés. Trois artistes contemporains forment le triangle de cette exposition.
La Montréalaise Marie-Christiane Mathieu s'interroge sur le discours politique et la démocratie. Son installation interactive intitulée Parasite - très actuelle en cette période de campagne électorale - consiste en un porte-voix gigantesque recouvert d'affiches électorales.

À l'une des extrémités, un casque nous attend. Lorsqu'on le met sur nos oreilles, une voix nous pose des questions. On répond dans un micro, déclenchant des messages préenregistrés qui n'ont aucun rapport avec le sujet. Un exemple qui illustre les malentendus et difficultés à communiquer qu'individus et collectivités peuvent vivre au quotidien.
Tchékhov et jeux vidéo
Caroline Seck Langill, artiste ontarienne, a quant à elle puisé dans ses origines russes pour transposer le troisième acte de La Cerisaie de Tchékhov dans une installation vidéo en deux tableaux.
À partir d'un fait matière à conflit – une terre ancestrale est remise à des mains étrangères à l'aube de la révolution – elle propose une trame dramatique dans laquelle les personnages de Tchékhov apparaissent comme des fantômes dans un décor ultramoderne. Une construction en prisme, puisque les propres grands-parents de l'artiste ont fui la Russie pour se réfugier en Estonie puis au Canada.

Daniel Garcia Andùjar, de Barcelone, franchit allégrement la mince ligne entre la fiction et la réalité. Il juxtapose virtuel et réel, et joue à comparer notamment des extraits de jeux vidéo avec de véritables scènes de guerre tournées en vidéo amateur par de jeunes soldats en Irak et en Afghanistan.

Un peu plus loin, un soldat américain s'entraîne au tir au moyen d'un jeu en 3D. Une image extraite d'un jeu guerrier côtoie une photo de promotion des FARC mettant en scène des jeunes femmes combattantes. Le résultat est troublant. Andùjar souhaite ainsi saisir le public des dangers de la technologie par la manipulation.

Préoccupé par ce qu'il considère comme une perte de liberté entre la chute du mur de Berlin, en 1989, et les attentats du 11 septembre, l'artiste a accumulé une documentation considérable à laquelle il donne accès aux visiteurs à travers deux postes informatiques.

Dans le cadre des Journées de la culture, on pourra assister à une présentation et un atelier de Marie-Christiane Mathieu sur l’œuvre interactive Parasite, à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, le samedi 27 septembre, à compter de 14 h.
www.mediationduconflit.com

(Photo: Éric Carrière)

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