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Montréal Vue Par: Catherine Mavrikakis

Bienvenue à Bay City

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 11 septembre 2008 à 13:14
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Montréal Vue Par: Catherine Mavrikakis
Montréal Vue Par: Catherine Mavrikakis
Bienvenue à Bay City
Le Ciel de Bay City est le quatrième roman de Catherine Mavrikakis. Née aux États-Unis, d'un père grec d'Algérie et d'une mère normande, cette prof de littérature à l'Université de Montréal puise cette fois son inspiration dans les méandres du passé et dans les lourds secrets de famille.
Catherine Mavrikakis s'est mise à l'écriture sur le tard. Elle publie son premier roman à 39 ans. «J'ai eu plusieurs amis qui sont morts du sida autour de moi. J'ai eu envie de témoigner de cette époque», confie-t-elle. Hésitant entre autofiction et récit fragmenté, Deuils cannibales et mélancoliques lui donne le goût de recommencer.

Dans Ça va aller, elle campe une héroïne très critique sur la situation de la littérature au Québec. Une vision partagée par l'auteure ? «À une certaine époque, on avait l'impression d'une littérature sans projet. Il semblait que la volonté d'améliorer la société avait disparu des écrits», estime-t-elle.

Son dernier roman est un chassé-croisé entre passé et présent. Emmie raconte son enfance et ce qui lui est arrivé en 1979, alors qu'elle vivait à Bay City, cité industrielle du Michigan. Hantée par la Seconde Guerre mondiale, sa tante française ne parle que de cela.

De fil en aiguille, Emmie découvre que ses grands-parents étaient juifs et qu'ils sont morts à Auschwitz. Un jour, elle descend dans le sous-sol de la maison et découvre la présence fantomatique de ses ancêtres. Un grand incendie – accident ou geste intentionnel – viendra faire table rase du passé.

En alternance avec ces flashs rétrospectifs, on découvre la vie actuelle de l'héroïne, devenue pilote d'avion au Nouveau-Mexique, là où l'azur est d'un bleu pur, loin des nuages de son ancienne ville où les nuages de fumée obscurcissaient le ciel. Elle croit que la distance lui permettra de protéger sa fille, Heaven, du poids de son lourd passé. Mais peut-on vraiment se construire en faisant l'impasse sur ses racines ?

Ce questionnement est au cœur du roman de Catherine Mavrikakis. Il la ramène à ses propres interrogations sur ses origines et sur ce qu'elle lèguera à sa propre fille, âgée de sept ans, incarnant la troisième génération d'immigrant dans la famille.

«Mes parents n'ont pas la même perception face à l'immigration. Mon père n'a jamais été nostalgique du passé, c'est un vrai métèque!», dit-elle en riant. «Ma mère, par contre, a gardé une image idéalisée de la France, même si elle y est retournée très peu souvent». Élevée au très français Collège Marie-de-France, l'écrivaine se sent pourtant une vraie Montréalaise.

«Montréal, c'est mon repère. Je n'ai jamais eu envie d'aller vivre ailleurs, comme si j'avais voulu m'accrocher à cet endroit et y créer des liens.»
Dans le ciel de Bay City, Catherine Mavrikakis, Héliotrope.

(Photo: Éric Carrière)

Propos recueillis par Carole le Hirez

Pour manger: Mon coup de cœur du moment, c'est Rumi (5198, Hutchison), pour le dépaysement. Et puis Les Vivres (4631, St-Laurent), pour les végétariens invétérés ou simplement hédonistes du moment.

Pour flâner: Dans les magasins du centre-ville, sur Sainte-Catherine, entre le carré Phillips et Atwater. J'aime aussi me promener dans la partie protestante du cimetière du mont Royal, l'hiver quand il fait très très froid et qu'il n'y a personne.

Pour sortir: Le Village, c'est là que cela se passe, beau temps, mauvais temps. Et tout particulièrement Le Sky pour les 5 à 7 qui s'étirent.

Le meilleur endroit pour lire: Mn lit. Je déteste lire ailleurs que chez moi. Mais j'aime bien aller dans les salons de coiffure pour feuilleter mes revues préférées. L'été, je vais dans de minuscules parcs, près de chez moi. Le parc Denise-Morelle pour y sentir l'esprit de mon enfance, quand je regardais La Ribouldingue. Aussi le parc du Portugal, pour y lire distraitement, sans conviction, en attendant de croiser Leonard Cohen…

À découvrir: j'aime faire des colliers avec ma fille. Alors j'achète des perles au Bead Emporium (368, Victoria), à Westmount. La propriétaire est comme moi une fan de la peintre mexicaine Frida Kahlo. Elle a des colliers, des sacs, des médaillons à l'effigie de mon idole.

À fuir:Je n'aime pas être sur le métropolitain à l'heure de pointe. C'est pour cela que je n'ai jamais appris à conduire.

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Nadine MAGLOIRE

Commentaire mis en ligne le 2 novembre 2008
Je viens de découvrir Catherine MAVRIKAKIS. J'ai assisté à une table ronde à laquelle elle participait avec Stanley PÉAN, animateur et un autre invité, l'écrivain Louis HAMELIN. Le sujet: Littérature et Politique. Y participaient aussi 4 étudiants, chacun appartenant à l'une des 4 universités de Montréal. Catherine Mavrikakis m'a intéressée. De retour chez moi, j'ai consulté lìnternet. Tout ce que j'ai appris d'elle m'a paru fort intéressant. J'ai découvert que nous avions beaucoup en commun. J'ai commencé son premier roman DEUILS CANNIBALES ET MÉLANCOLIQUES. J'ai l'intention de lire tous ses autres livrres.

NM

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