(Photo: Jacques Pharand)
Propos recueillis par Carole le Hirez
Pour manger: Pour les meilleurs calmars frits en ville, Philinos (4806, du Parc).
Pour sortir: Le Bu (5245, Saint-Laurent), pour sa cave à champagne. Et bien sûr, le Sergent recruteur (4801, Saint-Laurent) !
Pour flâner: Au blanc de blanc (248, Villeneuve Ouest), un café buanderie, véritable comptoir de quartier. Tout passe par là, autour de son patron, Fred Rousseau. On commence par du smalk talk puis des amitiés se créent. On y boit un des meilleurs cafés au lait de Montréal.
À découvrir: André Sauvé, un monologuiste qui a su garder son intégrité dans le milieu de l'humour, sans faire de compromis sur sa folie.
À fuir: Tous les endroits où il faut faire la file. C'est le summum de l'aliénation urbaine.
Jean-Marc Massie
Langue bien pendue
Les Dimanches du conte reviennent pour une onzième saison au Sergent recruteur. L'occasion pour leur créateur, l'infatigable Jean-Marc Massie, de secouer la fourmilière. L'épuisement guetterait-il ce genre sorti de la tradition populaire il y a une quinzaine d'années? «Ça passe ou ça casse !» répond-il
Renouveler, piquer la curiosité, aller chercher de nouveaux publics. C'est le grand défi du conte au Québec. Pour secouer le prunier, chaque année, Jean-Marc Massie introduit un nouveau volet à la programmation de ses Dimanches. Pour la 11e édition, un artiste sera invité à faire une création. C'est à Pol Pelletier qu'il revient d'ouvrir le bal. La femme de théâtre proposera Camino, un texte de la Française Nathalie Papin.
Pas de crainte que Jean-Marc Massie ne s'endorme sur ses lauriers. Le pétulant conteur associé à la maison d'édition Planète rebelle a livré son premier spectacle solo au début de l'année au Monument national. Tenir deux semaines l'affiche avec un spectacle de contes, tout un pari. «J'avais envie de me mettre sur le fil du rasoir. Je voulais faire un test pour savoir si le conte pouvait recevoir par la critique le même traitement qu'une pièce de théâtre.»
Car la routine est le pire ennemi du conteur. Jean-Marc Massie craint que l'assoupissement ne guette le milieu. «Après l'âge d'or du début des années 2000, on rentre en zone de turbulences. Il y a un épuisement des conteurs, dû en partie au fait que beaucoup sont pris à organiser leurs propres événements.»
Résultat: À part quelques locomotives, comme Fred Pellerin, les conteurs manquent de jus pour aller au charbon. Un nouvel événement qui voit le jour entraîne souvent la disparition d'un autre, comme le festival Les jours sont contés, en Estrie.
La solution : «Aller chercher le Québec en piquant la curiosité, quitte à être infidèle, et aller à la rencontre d'autres oralités à la frontière, comme le slam.» Le créateur des Dimanches du conte n'hésite pas àouvrir la porte à d'autres univers, comme celui de Nathalie Derome, artiste inclassable qui tricote un chemin neuf à travers ses textes et ses chansons, Pol Pelletier, femme de théâtre engagé, Mathieu Lippé, chanteur et slammeur, ou encore Simon Gauthier, véritable bédéiste de la parole.
C'est d'ailleurs avec ce dernier que Jean-Marc Massie travaille sur le projet qui devrait l'occuper au cours des deux prochaines années: un spectacle atypique qui mêle paroles et objets inusités au son de la scie égoïne, «entre les Foubrac, le slam, le conte et la poésie». Le tout devrait être présenté lors du festival Montréal en lumière.
«Une manière d'aller à la limite des formes d'expression et brasser la cage, quitte à déplaire, pour faire rentrer une nouvelle lumière», illustre ce tritureur de mots.
Né à Montréal-Nord, Jean-Marc Massie raconte avoir été «déporté en banlieue», sur la Rive Sud, à l'âge de huit ans. Après un passage à Paris, où il obtient son doctorat en philosophie politique à l'université de la Sorbonne (excusez du peu), il revient à Montréal où il vit, depuis plusieurs années une histoire d'amour avec le Mile-End.
«Je suis devenu plus Montréalais que dans mon enfance. J'ai un lien viscéral avec cette ville. J'aime son urbanité à échelle humaine». Celui qui se faisait passer pour un Italien étant petit – Quand on s'appelle Massie, ça aide ! – confie avoir eu une vie fellinienne, d'où le burlesque n'était jamais absent.
Dans ce coin du Plateau, il dit avoir trouvé une respiration, un mode de vie. «Par son côté cosmopolite, ce quartier c'est le Québec d'aujourd'hui. Vivre ici permet de jeter un autre regard sur Montréal.»
Ouverture de la saison le 7 septembre au Sergent recruteur: soirée cabaret avec Nathalie Derome et Mathieu Lippé.
Propos recueillis par Carole le Hirez
Pour manger: Pour les meilleurs calmars frits en ville, Philinos (4806, du Parc).
Pour sortir: Le Bu (5245, Saint-Laurent), pour sa cave à champagne. Et bien sûr, le Sergent recruteur (4801, Saint-Laurent) !
Pour flâner: Au blanc de blanc (248, Villeneuve Ouest), un café buanderie, véritable comptoir de quartier. Tout passe par là, autour de son patron, Fred Rousseau. On commence par du smalk talk puis des amitiés se créent. On y boit un des meilleurs cafés au lait de Montréal.
À découvrir: André Sauvé, un monologuiste qui a su garder son intégrité dans le milieu de l'humour, sans faire de compromis sur sa folie.
À fuir: Tous les endroits où il faut faire la file. C'est le summum de l'aliénation urbaine.