Marco Calliari: Rigodon et tarentelle
Le rital chouchou des Québécois se prépare à enregistrer son troisième album. Après le spectacle d'ouverture des Francofolies et une tournée au Québec, il a aussi à son agenda une visite éclair en France et une série de concerts en Suisse et en Italie à l'automne. «Un triathlon très intense !» résume l'artiste.
Attrapé au vol au beau milieu d'une tournée qui l'a mené de Chicoutimi à Magog pour se terminer au parc Père-Marquette, juste avant son départ pour le Festival Beaumont du Québec, à Eymoutiers, en France, Marco Calliari a le vent dans les voiles.
Encore sous l'adrénaline de l'accueil réservé par le public en région, il est gonflé à bloc par la dose d'amour reçue. L'Italo-québécois est dopé aux bonnes vibrations. «J'ai l'impression de faire la tournée de la famille québécoise ! C'est la fiesta tous les soirs. Les gens s'amusent beaucoup, tout comme nous !»
Cela fait déjà longtemps que le Québec est en amour avec Marco Calliari et ses chansons napolitaines. Pour le petit gars de Saint-Michel, il est temps de partir à la conquête d'un auditoire plus vaste. D'où un album spécialement concocté pour le public européen, qui sortira le 4 septembre en France et le 8 en Suisse, suivi d'une tournée.
Le disque est une compilation des meilleures pistes de ses deux premiers CD. Certains changements ont été apportés pour s'adapter au public européen. «C'est un album qui dégage une chaleur, on ressent le côté rassembleur et familial. On a choisi des couleurs chaudes pour la pochette. Les Français aiment voir le visage de l'artiste, donc, contrairement aux deux disques précédents, on me reconnaît sur la photo !»
Marco Calliari se situe dans la lignée d'une génération d'interprètes de musique italienne d'inspiration pop folk qui cartonnent en Europe, comme la Sicilienne Carmen Consoli, dont il produira le spectacle à l'Espace Del Arte cet automne.
Car le guitariste et interprète porte aussi depuis 2004 la casquette de producteur. Dans son écurie, la maison Casa Nostra, on trouve Sergio Laccone, Carlo Muratoni et le groupe Bandabardò, qui l'accompagne en Europe. «C'est une forme d'échange. Les gens sont souvent impressionnés par ce que j'ai réussi à faire ici avec la chanson italienne. En produisant des artistes ici, le but est de les faire voyager avec nous.»
L'artiste revendique des ventes de près de 55 000 exemplaires de ses deux premiers albums. Un succès pas évident au départ pour un genre mineur souvent associé à des chanteurs à ritournelles. Une image à cent lieues de celle d'un Calliari, qui a fait ses débuts dans le heavy metal.
«J'ai commencé à gratter les chansons italiennes pour le plaisir. J'ai étudié le chant, la guitare classique et j'ai toujours aimé l'opéra. Cela m'a inspiré à écrire en italien», raconte-t-il. Quelques chansons dans des fêtes de quartier, et le bouche à oreille s'est mis en marche. Belle et Bum et Radio Canada ont amplifié le phénomène. «De fil en aiguille, le téléphone n'a pas arrêté de sonner durant les six dernières années», résume-t-il.
Depuis un an, Calliari travaille sur son troisième album, dont la sortie est prévue fin 2009. Plusieurs chansons sont déjà rodées en concert. «Il faut juste que je prenne le temps de rentrer en studio», rigole le chanteur.
Le prochain opus sera teinté aux musiques du monde. «Il y aura des influences traditionnelles et des rythmes plus corsés, tout en restant ouvert à tout.» On trouvera notamment un mariage entre le rigodon québécois et la tarentelle italienne. Un clin d'œil à ses origines et à sa terre d'adoption. Car Marco Calliari revendique bien haut sa double appartenance. On le présente souvent comme un symbole d'intégration réussie. Une image qu'il endosse à 100 %.
«Comme fils d'immigrant, je comprends les Chiliens, les Vietnamiens, tous ceux nés ici de parents qui ont dû quitter leur terre natal pour refaire leur vie.» Il y voit un message d'espoir pour les nouvelles générations. «Ce brassage, c'est la nouvelle optique à prendre dans le monde. Cela crée des mélanges qui font la force de nos cultures et de nos valeurs.»
(Propos recueillis par Carole le Hirez)
(Photo: Courtoisie)
Pour manger: Les Pacini ! Je suis leur porte-parole, mais à part cela je les trouve très engagés dans leur approche de la nourriture italienne pour une chaîne de restaurants… Les Vivres (4631, St-Laurent): de la bonne cuisine végétarienne inventive. O.Noir (1631, Sainte-Catherine Ouest), pour l'expérience inoubliable de manger dans l'obscurité la plus totale.
Pour sortir: Le Nyk's (1250, Bleury). J'y ai joué souvent. On y trouve un bon mélange d'habitués et de touristes. L'Assommoir (112, Bernard Ouest) pour ses barmen hallucinants.
Pour flâner: Le Vieux-Port de Montréal, j'adore y traîner avec mes neveux, il y a plein de trucs trippants à faire. Un must : Le parc La Fontaine.
À fuir: La rue Sainte-Catherine Ouest. Je n'y peux rien, cela me fait peur…
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Gabrielle Duhamel
Commentaire mis en ligne le 7 août 2008Bonjour, en faite, Marco sort son album le 8 septembre en Suisse et le 15 septembre en France. Merci
Gaby