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Richard Bergeron n'exclut pas une taxe spéciale

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 28 juin 2008 à 7:12
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Richard Bergeron n'exclut pas une taxe spéciale
Richard Bergeron doute qu'il y aura un budget participatif en 2009, en raison des élections municipales: «On ne peut pas engager une autre administration sur des projets», estime-t-il. (Photo: Archives)
Richard Bergeron n'exclut pas une taxe spéciale
Le chef de Projet Montréal et conseiller de ville pour le district De Lorimier est sceptique face au budget participatif qu'il qualifie «d'amuse-gueule» servant à «distraire les citoyens des vrais enjeux». Il juge qu'il ne faut pas exclure d'emblée une taxe spéciale pour financer certains projets.
«Une bonne moitié du PTI (Programme triennal d'immobilisation) doit aller à des choses récurrentes. On ne pourra donc pas avoir un impact sur plus d'1,5 M$. Laisser entendre qu'on va décider sur l'ensemble de l'enveloppe de 4,6 M$ est porteur de confusion», a estimé Richard Bergeron lors de l'assemblée du budget participatif du district de De Lorimier, le 18 juin.

Face à l'ampleur des besoins de l'arrondissement et à la faiblesse des moyens dont il dispose, le conseiller estime qu'il ne faut pas écarter à priori une taxe spéciale dédiée à certains projets.

La mairesse Helen Fotopulos s'est toujours pour sa part refusé à envisager la création d'une telle taxe.

Il calcule qu'une taxe d'un cent sur 100 $ d'évaluation permettrait d'aller chercher environ 700 000 $ supplémentaires, dont la moitié serait prise en compte par les commerces et les institutions.

Cela reviendrait à environ 7,50 $ par année pour un compte de taxes foncières de 150 000 $. «Est-ce que cela vaut la peine se passer de projets auxquels on tient pour une telle somme ?», questionne-t-il.

Le chef de Projet Montréal en a profité pour écorcher au passage la ville centre, responsable à ses yeux de la sous-dotation des arrondissements. Il dénonce le fait que la quote-part du PTI pour les arrondissements, qui représente actuellement 14 % de l'enveloppe globale de la ville, diminuera à 8 % à l'horizon 2010.

«On diminue le droit des arrondissements à décider de leur sort», dénonce-t-il. «On donne des amuse-gueule à la population avec une initiative comme le budget participatif, alors que l'on sait très bien que les vrais enjeux sont ailleurs.»

Richard Bergeron livrera en septembre son analyse de l'exercice du budget participatif sur le Plateau. Mais déjà, il a plusieurs critiques à formuler. «On est loin de l'appropriation citoyenne. Chacun vient chercher ce dont il a besoin. Le groupe de pression le plus fort emporte la poche. Ceux qui ont remporté gain de cause l'année précédente ne se représentent plus l'année suivante», constate-t-il.

S'il remporte la mairie de Montréal en 2009, le chef de Projet Montréal commencera par abolir le comité exécutif afin d'alléger les structures. Son modèle ? Le budget d'Ottawa, qui est soumis chaque année à la consultation citoyenne. «Ma première demande au conseil municipal a été d'ouvrir à la population le vrai budget de Montréal, pas juste la bébelle qu'on laisse aux résidants du Plateau. Il faut inviter les citoyens à se sensibiliser de manière plus globale à l'argent public», estime-t-il.

(Photo: Archives)

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