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Les humoristes

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 23 juin 2008 à 11:41
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Les humoristes
J’espère que la nomination de Pierre Verville pour un trophée Gémeau grâce à son rôle du père Lavigueur va enfin faire taire les détracteurs qui refusent aux humoristes le droit de jouer sous prétexte qu’il y a de nombreux comédiens au chômage.

Si il y a de nombreux comédiens au chômage, ce n’est pas la faute des humoristes, cela tient tout simplement au fait qu’il n’y a plus assez de travail dans le domaine de la comédie pour les nombreux talents que nous avons au Québec. Certains producteurs voulant remplir leurs poches rapidement se rabattent sur la télé-réalité, les quizz, les reportages doublés et tutti quanti.

Cela tient également au fait qu’il y a trop d’écoles de théâtre. Il y a en cinq au Québec qui nous balancent environ 60 nouvelles têtes chaque année.

L’École de l’humour est seule dans son créneau, une douzaine de finissants envahit le marché et cela suffit amplement. Comme dans toute discipline, ce sont les meilleurs qui passent, c’est la loi du marché.

Je déteste d’ailleurs le terme humoriste, ce sont des comédiens. Quelqu’un qui exerce son talent devant une salle et qui touche son public est un comédien. Qu’il travaille seul ou avec d’autres.

A-t-on refusé à Robin Williams le droit d’interpréter des personnages au cinéma sous prétexte qu’il faisait du stand up. Pourquoi Laurent Paquin n’aurait-il pas le droit de jouer l’Emmerdeur ou le Dîner de cons ? Il est exactement le personnage, pourquoi chercher ailleurs ? Et de plus, il a tout le métier nécessaire pour tenir ce rôle.

Laissez-moi vous dresser une courte liste non exhaustive des acteurs de renom en France, aux États-Unis ou ici qui ont débuté au music-hall : Yves Montand, Bourvil, Arletty, Coluche. Même Jean Gabin a commencé comme chanteur troupier.

Aux États-Unis, Woopey Golberg, Jim Carrey et Robin Williams sont de bons exemples et plus près de nous Patrick Huard et Jean Lapointe sont incontournables.

N’y aurait-il qu’au Québec où l’on veuille absolument empêcher les créateurs de quitter leur moule ?

De toute façon, je soulève ici un débat bien inutile : le public a déjà fait son choix.

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