«Par ce texte, le gouvernement reconnaît implicitement que la «grande décentralisation» de 2003 était allée trop loin. Avec la complicité du législateur, les électeurs de Ville-Marie seraient les seuls Québécois privés de droit de vote par une loi provinciale?» interpelle Benoit Labonté, maire de Ville-Marie et Chef de l'Opposition municipale.
(Photo: Éric Carrière)
Depuis quelques jours, une mobilisation citoyenne s’organise dans l’arrondissement de Ville-Marie, initiée par l’Association des résidants et résidantes des Faubourgs avec l’Association des résidents de Shaughnessy Village, à propos de la perte du droit pour les électeurs de l'arrondissement de Ville-Marie de choisir leur maire selon les premières analyses de la Loi 22 proposée par la ministre Normandeau dans le cadre de l'entente de partenariat entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.
Cette mobilisation a déjà réuni plus d’une douzaine de leaders de divers organismes sociaux, communautaires et économiques qui ont signé une lettre envoyée au Premier Ministre Charest et à la Vice-Première Ministre Normandeau (lire l'intégralité de la lettre sur notre site
www.levm.ca) demandant au gouvernement de surseoir à tout amendement à la charte de Montréal à l’égard de la structure et de la procédure électorale pour l’élection de novembre 2009 dans Ville-Marie.
«Nous nous insurgeons contre l’annonce faite jeudi dernier qui voulait du même coup régler un potentiel problème de gouvernance du centre-ville. Le geste du gouvernement Charest enlèvera à plus de 50 000 électeurs leur droit de vote, reconnu dans la charte des droits et libertés canadienne et québécoise», a déclaré François Robillard, président de l’association des résidents des Faubourgs.
Selon les deux associations, les amendements annoncés donnent la prépondérance du vote au Maire de Montréal, les trois élus choisis par les citoyens pour siéger au conseil d’arrondissement seraient cadenassés par une tutelle, un contrôle total de la ville centre.
«C’est inacceptable dans une société démocratique et nulle part ailleurs un État imposerait des élus sans même consulter les citoyens», fulmine François Robillard qui promet de «prendre tous les moyens pour défendre nos droits et l’expression d’une vie démocratique dans Ville-Marie», et conclut en ajoutant que «si le gouvernement ne recule pas dans les prochains jours, nous devrons en conclure que les quelques 78 000 résidents de Ville-Marie sont des citoyens de second ordre!»
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(Photo: Éric Carrière)