FRED PELLERIN
CUL BÉNI
Le 6 août, Fred Pellerin présentera son quatrième spectacle, L'Arracheuse de temps, dans son fief de Saint-Élie-de-Caxton. Suivront 200 dates à travers le Québec. En attendant, il rode son récit dans de petites salles, pour le plus grand plaisir d'une poignée d'initiés.
Après trois spectacles, dont 432 reprises pour le dernier, Comme une odeur de muscles, est-ce que Fred Pellerin a encore quelque chose à dire ? Le filon du merveilleux exploité dans son petit village de la Mauricie n'est-il pas en train de s'épuiser ?
«J'ai le cul béni ! répond le conteur. Après mon dernier spectacle, je pensais que je ne serais peut-être pas capable de repartir avec du neuf. Mais il y a toujours plus d'histoires qui se créent chaque jour que je ne pourrai jamais en raconter. Ce ne sont pas forcément de grandes choses, mais tout est dans la façon de les conter.»
C'est cela, la magie de Fred Pellerin. Elle tient à pas grand-chose. Une manière de débusquer le merveilleux dans le moindre petit fait du quotidien et un don incroyable pour attirer le spectateur dans cet univers improbable peuplé de personnages colorés.
Son prochain spectacle fait revivre la Stroop, une femme qui s'est installée au village dans les années 30. Cette étrangère incarnant une certaine liberté et qui vivait à l'écart des autres s'est vite taillé une réputation de sorcière. Mêlant humour et émotion, le conteur en profite pour aborder au passage des thèmes universels: la tolérance, l'ouverture aux autres.
Le nouveau spectacle sera lancé au village de Saint-Élie-de-Caxton, là où Fred Pellerin puise son inspiration. La petite bourgade bien tranquille de 1706 habitants a été littéralement mise sur la carte, depuis que le conteur a commencé à relater les petites et grandes aventures de ses personnages.
L'été dernier, près de 10 000 visiteurs se sont promenés à pied et à vélo dans le village, écouteurs sur les oreilles, pour une exploration audioguidée des lieux. L'expérience est répétée cette année. «On a ajouté une quarantaine de capsules. En tout, on a 2h30 de matériel qui parle des données architecturales, sociologiques et fantastiques du village. Une cinquantaine de voix ont participé à l'enregistrement», indique Fred Pellerin.
Un restaurant s'est ouvert dans le presbytère ainsi qu'une boutique d'artisanat. Pas de quoi troubler la légendaire tranquillité locale, estime le conteur. «C'est soft comme tourisme. De temps en temps, on entend rire des gens devant chez soi. On privilégie l'achat très local.»
Autre expérience: Fred Pellerin est passé facilement du conte à l'écriture de scénario avec Babine, l'adaptation pour le cinéma de son deuxième conte,Il faut prendre le taureau par les contes. Le film, réalisé par Luc Picard, sortira en salles en novembre prochain. «J'ai appris à structurer mon écriture différemment. Le cinéma te donne l'occasion de travailler avec beaucoup de créateurs: costumiers, accessoiristes, etc. Ton univers s'en retrouve déployé.»
Propos recueillis par Carole le Hirez
Pour manger... Le Petit Extra, sur Ontario, pas loin de Papineau... Du délicieux! Et encore plus si vous donnez un coup de fil avant d'arriver, pour voir s'ils servent du magret de canard avec la sauce aux petits fruits ce soir-là!
Pour flâner... Flâner? Quand je passe à Montréal, j'y flâne jamais. Ou si peu. Comme j'y vais pas souvent, on me tricote les horaires pleins de rencontres à chaque passage et ça me laisse pas de place à m'user les semelles en ville!
Pour sortir... Quand je sors à Montréal, c'est souvent pour aller voir des spectacles... Et je vais où? Au Nouveau Monde, à la Place des Z'arts, au Club Soda, au Sergent Recruteur, au Lion d'Or, et encore....
À lire ou le meilleur endroit pour lire... Je ne lis pas dans le brouhaha de la ville. Pour moi, tout ce monde, ces bruits, c'est trop de stimulage en même temps. Le mieux, c'est encore de faire semblant de. À se poster dans un parc ou un trottoir passant, sur un banc ou au pied d'un arbre, et de lire au-dessus du livre, dans tout ce monde qui passe, qui cherche, qui jase, qui chiâle, qui s'aime, qui rit, qui court, qui klaxonne, qui hésite, qui repasse...
À découvrir (un secret bien gardé).. Je sais pas si c'est un secret, mais l'Auberge La Fontaine, si on veut bien dormir dans l'ambiance d'être chez soi, ça reste une adresse sûre.
À fuir... L'autoroute 40 en sortie de la ville, vers l'est, entre 15 h 30 et 17 h 30.
(Photo: Courtoisie)