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Les anges de retour à Saint-Enfant-Jésus ?

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 13:32
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Les anges de retour à Saint-Enfant-Jésus ?
Le curé Jean-Pierre Lê attend comme un don du ciel le retour des statues sur la façade de son église. (Photo: Jacques Pharand)
Les anges de retour à Saint-Enfant-Jésus ?
Pour le 150e anniversaire de la paroisse Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, des amoureux du patrimoine souhaitent faire revenir les anges qui ont embelli la façade de l'église de 1910 à 1978. Ces joyaux, disparus depuis trente ans, seront bientôt de retour si le projet proposé par la paroisse réussit à trouver les appuis nécessaires.
Les deux groupes de sculptures réalisés par l'artiste Olindo Gratton entre 1907 et 1909 ont été enlevés de la façade de l'église en 1978 en raison de leur mauvais état. C’est l'intervention de l'arrière-petit-neveu de l'artiste, l'historien d'art Bernard Mulaire, qui a incité le Diocèse à accepter de les descendre et de les entreposer.

«Lors d'une visite à l'église, j'avais remarqué que les sculptures étaient détériorées. Un ange, en particulier, avait une aile brisée. J'avais aussitôt alerté le vicaire et le sacristain», raconte M. Mulaire. Il faudra une lettre à l'abbé Claude Turmel, du Comité d'art sacré de l'archevêché, pour que les statues soient retirées et rangées en lieu sûr, le 8 novembre 1978, au sous-sol de la basilique Marie-Reine-du-Monde, sous la garde du Comité d'art sacré et du patrimoine religieux du Diocèse de Montréal.

Depuis, M. Mulaire a tenté plusieurs fois en vain de faire sortir de leur purgatoire les anges conçus par son illustre ancêtre. Aussi a-t-il accueilli avec joie le projet de la Société d'histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal. «Jusqu'à présent, il manquait un groupe crédible pour porter le flambeau. Cela m'a redonné espoir», confie-t-il
Un an de travail
Avant tout, il faut estimer à combien s'élèvera la remise en état des deux œuvre endommagées, La Rédemption et Le Jugement dernier, et leur réinstallation à leur emplacement d'origine.
Le restaurateur responsable de l'Atelier des métaux au Centre de conservation du Québec, Jérôme R. Morissette, a récemment rendu visite aux statues afin de produire un devis. Le spécialiste, qui a déjà eu à intervenir sur une vingtaine d'oeuvres de ce type, estime que l'opération ne représente pas un défi majeur. Il évalue à environ 800 heures, soit un an de travail, le temps qui sera nécessaire à son équipe pour rendre aux deux anges leur lustre d'antan.

Réalisés en bois, ceux-ci sont recouvertes d'un habit de métal. Une technique fréquemment utilisée au début du XXe siècle pour imiter le bronze. Moins coûteuse, cette méthode est aussi plus sensible à l'usure du temps.

«Les statues ont souffert des intempéries. L'enveloppe métallique a été perforée en plusieurs endroits par l'ajout de cerclages métalliques. De l'eau s'est infiltrée à l'intérieur et certaines pièces de bois ont pourri», indique M. Morissette.

Au fils des ans, toutes sortes de colmatages ont été effectués sur les sculptures. Il faudra donc dans un premier temps les nettoyer, refaire les bases endommagées à l'identique, consolider le bois qui demeure en place par l'injection de résine et renforcer le corps de l'œuvre par l'ajout d'une structure métallique à l'intérieur.
Besoin d'anges financiers
La Société d'histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal a soumis une demande d'aide au Conseil du patrimoine religieux du Québec. Elle évalue à environ 300 000 $ le montant à investir pour restaurer les statues et les remettre en place. M. Morissette estime pour sa part que l'opération pourrait s'avérer un peu moins coûteuse. Il devrait remettre son devis au cours des prochaines semaines.
«Même si le projet est approuvé, le conseil ne couvre que 70 % des coûts. Nous aurons donc besoin d'anges pour nous aider», déclare Kevin Cohalan, membre de l'organisme, qui envisage de mettre sur pied une campagne de levée de fonds et de faire appel au mécénat.

Le curé de Saint-Enfant-Jésus, Jean-Pierre Lê, est enthousiaste. «La paroisse est la première à avoir été fondée sur le Plateau et la cinquième à Montréal», rappelle-t-il. Plusieurs activités sont prévues dans le cadre du 150e anniversaire, dont une messe en plein air avec le cardinal Turcotte.

L'arrière petit-neveu de l'artiste, de son côté, se réjouit de la possibilité du retour de ces oeuvres. «Remettre ces statues en place, c'est rendre à l'église son intégrité», souligne M. Mulaire. Les statues figuraient dans les plans originaux de l'église, dont la façade a été dessinée par l'architecte Joseph Venne. «Elles font partie d'un ensemble de trois groupes, dont un seul est encore en place aujourd'hui. En l'absence des deux autres, il manque les clés d'interprétation de cette œuvre unique dédiée à l'Enfant Jésus.»

(Photo: Jacques Pharand)

(Photo: Courtoisie)

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