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Chassés après 25 ans dans le quartier

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 24 mai 2008 à 9:00
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Chassés après 25 ans dans le quartier
Chassés après 25 ans dans le quartier
Garder les familles: C'est la volonté affichée par la Ville de Montréal dans sa politique familiale. Pourtant, le prix et la rareté des logements font qu'il est de plus en plus difficile pour certaines familles de continuer à vivre dans le quartier qu'ils ont choisi.
Richard Boucher ne plantera pas d’annuelles cette année. Il ne tondra pas non plus le gazon. Il n’a pas le cœur à cela. Après 16 ans sur la rue de Lanaudière, la famille qui compte trois enfants de 9 à 18 ans devra plier bagage début juillet.

Une lettre recommandée du nouveau propriétaire, arrivée la veille du Jour de l’an, est venue briser la tranquillité familiale. Ce dernier souhaite reprendre le logement pour y habiter. Comme près d’un millier de familles québécoises en 2008, la famille devra céder la place.

«On vous dit de partir dans six mois. Quand vous avez vécu près de 25 ans dans le quartier, c’est dur à accepter», dit Richard. La perspective de quitter ce coin où ils se sentent bien est vécue comme un déchirement par les membres de la famille, surtout le plus jeune, qui fréquente l’école Lanaudière.

«Ici, il y a une solidarité, une qualité de vie, une ambiance. On ne retrouvera pas cela ailleurs», déclare Lise Bourque.

Après avoir entrepris des démarches à la Régie du logement, le couple a finalement décidé de s’entendre à l’amiable avec le propriétaire. Le prix : Trois mois de loyers et le coût du déménagement. «On était trop stressé pour continuer à se battre. On a préféré mettre notre énergie dans la recherche d’un logement», explique Mme Bourque.

Depuis cinq semaines, ils ont visité quantité d’appartements, dans le quartier, puis dans les arrondissements voisins. Le choix est restreint et les prix élevés: plus de 1100 $ alors qu'ils paient 700 $ pour leur 5 1/2.

Quand le logement pourrait convenir, ils se font refuser. Sans que la raison soit énoncée de façon claire, ils soupçonnent la présence de leurs deux ados d’être la source du problème. «Se faire dire non sans arrêt, cela ajoute à la peine de devoir partir», confie la mère de famille. «Je crois sérieusement que le vrai défi pour éviter l’exode des familles ordinaires se situe dans une prise de position claire vis-à-vis du logement et des abus qui sont monnaie courante.»
Richard Boucher, Lise Bourque et leur fils Olivier aimeraient trouver à se reloger dans le quartier.

(Photo: Éric Carrière)

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