Le conseiller Michel Labrecque, responsable du PDU, et la mairesse Fotopulos ont présenté le Document de consultation mercredi soir à la population.
(Photo: Jacques Pharand)
50 FAÇONS DE CHASSER L’AUTO
Il n’y aura pas de coup de baguette magique. La lutte contre l’omniprésence des véhicules à moteur se fera lentement, mais sûrement, sur un horizon de 15 ans. L’équipe Fotopulos vient de dévoiler son plan d’attaque aux résidants du Plateau : un cocktail de 50 actions tantôt douces, tantôt plus agressives, qui débuteront dès cet été.
On ne corrigera pas 60 ans de motorisation urbaine d’un claquement de doigts, prévient Michel Labrecque. Le responsable du Plan de développement urbain (PDU), cette démarche qui vise à réduire les nuisances de la circulation automobile sur le Plateau, se donne 15 ans pour recueillir le fruit de toutes les mesures proposées et faire diminuer, d’ici 2023, la circulation de transit de 20 % sur le Plateau.
«Le transit, c’est le gros problème. Les gens ne contourneront pas le Plateau. On s’attend à une amélioration de 1% à 2 % chaque année. Le processus s’accélèrera en fin d’opération, lorsque toutes les mesures seront en place», prédit le conseiller.
Cinq grandes orientations
Mercredi soir, l’arrondissement a présenté aux citoyens le document de consultation qui préfigure le futur Plan de déplacement urbain du Plateau-Mont-Royal. Élaboré sur la base du Portrait diagnostic publié en début d’année, il décrit de façon concrète comment l’administration compte s’y prendre pour réduire la place de l’auto tout en offrant davantage d’espace aux piétons, cyclistes et utilisateur des transports collectifs.
Le plan comprend 5 grandes orientations déclinées en 50 propositions. Les premières mesures débuteront dès cet été et s’étaleront sur les 15 prochaines années. «Nous allons travailler le local avec les citoyens, mais nous devrons également nous arrimer au plan de transport de la ville centre, notamment pour les pistes cyclables, les rues artérielles et le projet de tramway sur l’avenue du Parc», précise la mairesse Helen Fotopulos.
Doubler l'utilisation du vélo
En premier, on veut réduire le nombre de déplacement d’autos et de camions. Pour atteindre cet objectif, on demandera aux résidants du Plateau de réduire leur utilisation de l’auto de 20 % d’ici 2018. Parallèlement, on veut faire augmenter de 7,2 % l’usage des transports collectifs et doubler l’utilisation du vélo.
En même temps, on s’attaquera à la bête noire du Plateau : La circulation de transit, qui représente 526 000 déplacements quotidiens dans les rues de l’arrondissement. Pour décourager les automobilistes pressés de couper par les petites rues, on innovera en aménageant des terre-pleins diagonaux à certaines intersections - une première à Montréal - pour canaliser la circulation. Pendant ce temps, la synchronisation des feux concentrera le trafic sur les grands axes.
Autre préoccupation: réduire le nombre de piétons et de cyclistes blessés (environ 250 entre 1999 et 2003 sur le Plateau). Feux à décompte numérique, signalisation autour des écoles, élargissement des trottoirs : sept mesures visent spécifiquement le bien-être des piétons.
Afin d’augmenter la sécurité au croisement des rues, on réveillera un vieux règlement jamais appliqué : l’article 386 du Code de la sécurité routière qui interdit le stationnement à moins de 5 mètres d’une intersection. L’application de cette mesure touche 4000 places de stationnement sur le Plateau. Ces espaces libérés pourront être occupés par des supports à vélo, des bacs à fleurs ou encore des trottoirs en saillie.
Les coûts: Plus tard
Combien coûteront toutes ces mesures ? Impossible de le préciser pour l’instant. «On est dans les centaines de millions de dollars», lâche tout de même M. Labrecque, ajoutant qu’une estimation plus précise devrait être connue à l’automne.
L’opération fera appel à diverses sources de financement, de l’arrondissement et de la ville centre, mais également des gouvernements fédéral et provincial, entre autres par l’entremise du fonds vert en transport et des programmes d’infrastructure Québec-Canada.
«La participation des citoyens permettra de combler des oublis, des erreurs ou encore de changer l’ordre de priorité de certaines actions», de déclarer M. Labrecque. Les résidants seront invités à prendre connaissance du document et à déposer des mémoires au cours des prochaines semaines. L’adoption du Plan de déplacement urbain est prévue à la fin de l’année.
(Photo: Jacques Pharand)