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Développer le civisme sonore

Article mis en ligne le 17 mai 2008 à 15:00
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Développer le civisme sonore
Le printemps, quelle merveille ! Mais pour des milliers de Québécois, cette joie au cœur ne vient pas sans une certaine angoisse que la pollution sonore, plus feutrée en hiver, ne reprenne de plus belle avec les beaux jours. Voitures et motos équipées de silencieux trafiqués, systèmes de sons d’automobiles surpuissants crachant des tonnes de décibels toutes vitres baissées, ça vous dit quelque chose ?

Deux cent mille véhicules de ce type agresseraient sur le plan sonore la population dans toutes les villes et villages du Québec. Cela du printemps jusqu’à l’automne avancé. Il est plus que temps d’y voir. Car c’est incidemment près de la moitié des correspondants du Regroupement québécois contre le bruit qui se sont plaints des échappements bruyants. Une nuisance atroce. Certains se débattent contre elle depuis des années. D’autres en viennent à vendre leur résidence.

Pour tout le Québec, à la faveur de la mode du « tuning », 90 000 voitures et 50 000 motocyclettes seraient équipées de silencieux trafiqués, chiffres auxquels s’ajouteraient 70 000 autos-canons munies de caissons d’extrêmes graves causant des ravages. Il ne s’agit pas de minces dépassements des seuils de confort auditif, ces deux fléaux propulsent entre 90 et 110 décibels, ce qui signifie 20 à 40 fois plus bruyants que ce ne devrait être le cas !

Au Regroupement québécois contre le bruit, nous nous sommes penchés entre autres sur ces deux problèmes. Et nous nous travaillons à des propositions concrètes pour régler les choses. Un mélange d’ingrédients sera nécessaire: sensibilisation, législation et contrôle. Beaucoup de personnes bafouent la loi, d’autres croient que tout est permis, nous croyons indispensable la tenue d'une vaste campagne d'information et de sensibilisation de manière à développer quelque chose qui existe trop peu : le civisme sonore.

Tous les acteurs devront agir. Le Ministère de l’Environnement, Transports Québec et la SAAQ devront prendre leur responsabilité à cet égard – tout autant que dans le dossier global de la pollution sonore. Et bien sûr, les municipalités et les services policiers devront continuer de s’en mêler, avec plus de conviction. Car les oreilles des citoyens ne sont pas des poubelles à bruit.

D’ici à ce que nous rendions publiques nos recommandations, nous conseillons à la population de faire valoir ses droits et de se mettre en contact avec nous pour nous aider à peaufiner notre vision des choses. Nous demandons aussi à ceux qui sont responsables des agressions sonores de penser au tort qu’ils causent à autrui. L’environnement sonore et la qualité de vie au Québec en dépendent. Les silencieux modifiés et les autos-canons, ça suffit ! Préparons-nous ensemble de belles saisons vivables.

Patrick Leclerc, Regroupement québécois contre le bruit.

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