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Montréal vue par: Alain Karon

Article mis en ligne le 15 mai 2008 à 14:33
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Montréal vue par: Alain Karon
Alain Karon. (Photo: Éric Carrière)
Montréal vue par: Alain Karon
Depuis 11 ans, Alain Karon communique sa passion de la musique à des jeunes de tous horizons dans son LabOratoire. Ce lieu unique, installé sur l'avenue du Parc, tient du studio d'enregistrement et de la maison de jeunes. Groupes anglophones, chanteurs québécois, membres de la communauté rasta et fans de hip-hop s'y côtoient dans un joyeux bouillon de culture.
Avec son groupe Les Taches, Alain Karon roule sa bosse depuis 26 dans l'univers musical. Tombé dans la marmite du rock à l'âge de 15 ans, il n'a cessé depuis de vouloir faire partager sa passion. Son insatiable appétit pour la nouveauté l'a conduit à faire toutes sortes d'expériences.

Véritable touche à tout - multi-instrumentiste, arrangeur et réalisateur – il a contribué à lancer les tam-tams du mont Royal. Après voir été deejay et animateur sur les ondes communautaires pendant plusieurs années, il fonde l'usine de création AKMÉ, un incubateur culturel situé dans le Mile End, voué à la création multidisciplinaire, qu'il pilote pendant quatre ans. On le retrouve également à la tête du festival international rock de Montréal (FIRM).

Depuis 1997, il est à la barre du LabOratoire, où il a fondé L’OJM (Organisme Jeunéthiquement Modifié). Alain Karon utilise la musique comme un outil pour donner aux jeunes en difficulté une raison de s'accrocher. Que ce soit à GRIP Montréal, un organisme de prévention, de sensibilisation et d'information sur la toxicomanie et autres problématiques psychosociales, à la Table de Concertation Jeunesse Villeray- La Petite-Patrie ou dans le cadre du projet Jeunesse et Gangs de Rue, il fait passer tranquillement son message.

Au LabOratoire, la musique est un prétexte pour aborder certains problèmes. «Longtemps, le rock a été associé à la dope et à l'alcool. Je l'ai vécu, je sais comment l'éviter. En musique, il n'y a pas de recette magique, c'est le travail qui compte, c'est cela qu'il faut montrer aux jeunes», déclare-t-il.

Jeunes envoyés pour des travaux communautaires, petits délinquants ou en voie de l'être, décrocheurs : ils trouvent au LabOratoire un endroit où exprimer leurs espoirs, leurs craintes et leurs frustrations. «Cela dépasse la musique, on apprend à se faire des bouffes, on tient le local propre. Chacun a ses tâches à assumer. On ne vient pas seulement apprendre des techniques, on découvre une ambiance, une spontanéité dans un contexte de travail», indique Alain Karon.

Sur place, on retrouve un atelier d'arts visuels, des salles de répétition pour musiciens et D-J, une salle de pratique pour le théâtre et la danse. Des musiciens connus tels Dumas et Marc Déry y côtoient amateurs de hip-hop ou de musique rasta. Dans cette ruche, les artistes besognent, les musiciens pratiquent, une troupe de théâtre répète. Des jeunes suivent une formation donnée par un programmeur-technicien, des amateurs s'entraînent à développer un talent personnel.

Pour plusieurs, c'est l'occasion de repartir avec un premier CD de sa propre musique sous le bras. Autour des studios d'enregistrement et de pratique, on fait en effet aussi de l'infographie, on produit des vidéo-clips, on participe à l'organisation d'un événement-bénéfice interactif où les gens sont invités à participer à la création : peinture en direct, poésie, échanges musicaux, projections et scratch vidéo. Les jeunes en formation se retrouvent alors en stage en situation réelle. Bien encadrés par des professionnels, le temps s'évapore et les artistes autant que le public repartent satisfaits.

Chez Alain Karon, la flamme du rock est toujours bien vivace. En 2007, le groupe Les Taches a fêté son 25e anniversaire avec plusieurs concerts et la sortie d’albums live enregistrés à Montréal et en France. Une force que le musicien attribue aux jeunes qui l'entourent. «J'aime leur énergie, voir l'espoir dans leurs yeux. Ils se donnent à fond. Ils ont une pêche que l'on ne retrouve pas chez des gens plus vieux. Cela me permet de rester up to date, cela me garde jeune.»

(Photo: Éric Carrière)
Pour manger: Phô Lam, 4525, Du Parc; Coin Grec, 4903, Du Parc.

Endroit le plus chill pour les rencontres et/ou flirter: PA supermarché, Du Parc

Pour full flâner: Tam-tams du dimanche sur le mont Royal ou marcher.

Cool surprise du printemps ! McDo fermé coin Du Parc et Mont-Royal !

Pour sortir: Je sors pour voir un bon concert ou pour aller danser psytrance-techno ou musiques africaines. Endroits sympas: Casa Del Popolo, Divan Orange, Lambi, Beefteack sur St-Laurent

Meilleur endroit pour lire: Parcs et transports en commun

À lire: Aldous Huxley et site Voltairenet.org pour avoir l’heure juste

À écouter : Teenage Bad Girl (groupe français)

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