L'accessibilité au parc du mont Royal pour les piétons est une priorité pour les Amis de la montagne.
(Photo: Jacques Pharand)
Mont Royal: Et maintenant ?
Les consultations publiques sur le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal viennent de se terminer. Que se passera-t-il ensuite ? Les Amis de la montagne, qui ont participé activement à la démarche depuis trois ans, s'attendent maintenant à ce que l'on passe aux actes.
Plus de 30 mémoires, près de 3 000 questionnaires remplis: la consultation publique sur le mont Royal a été très suivie. Les commentaires des citoyens sur les diverses questions constituent un recueil de plus de 200 pages. Beaucoup de travail donc en perspective pour les commissaires chargés de la synthèse des interventions.
Comment faire concorder des préoccupations d'ordre général manifestées par de grands groupes comme les Amis de la montagne, le Conseil régional de l'environnement et Héritage Montréal et les intérêts spécifiques amenés par des citoyens et des institutions propriétaires ? C'est la question que se pose la directrice générale des Amis de la montagne, Sylvie Guilbault.
«À présent, il faut faire avancer le dossier, avoir des personnes responsables de la mise en œuvre d'actions concrètes», estime-t-elle. «On a mis 15 ans à se remettre de la première concertation qui a échoué. Il ne faudrait pas que les efforts déployés au cours des trois dernières années par la Table de concertation tombent à l'eau.»
Le diagnostic est posé
Alors que les auditions des mémoires viennent de s'achever, l'heure est au bilan. Si du côté de l'Office de consultation publique de Montréal, on est fier du taux de participation affiché, du côté des Amis de la montagne, on se monte plus nuancé.
«Les précédentes consultations, en 1990, qui avaient débouché sur le premier plan sur l'avenir du mont Royal, avaient recueilli une participation plus forte. Plus d'une centaine de personnes avaient déposé des mémoires et fait des représentations», mentionne Mme Guilbault.
Le projet de plan déposé par la Ville de Montréal a reçu un accueil plutôt positif des divers intervenants. «Le diagnostic est là, on a bien identifié les enjeux. On sait ce qui manque et ce qu'il faudra développer au cours des prochaines années.»
Car il reste encore du chemin à faire. Le plan manque d'objectifs précis et d'échéanciers. Une situation qui suscite des inquiétudes dans le milieu. On a été échaudé par l'échec de la concertation des années 90, qui n'avait été suivie d'aucun plan d'action. «Il faut établir d'urgence des priorités et déterminer quels vont être nos gestes au cours des prochaines années», demande Mme Guilbault.
Commencer dès maintenant
Parmi les premières cibles: s'assurer que les boisés soient préservés et que la forêt soit en santé. Aussi, faire en sorte que la montagne soit davantage accessible à la population. Il faudrait par exemple améliorer la desserte en transport en commun, réparer les escaliers brisés depuis deux ans, identifier les traverses pour piétons. «Il y a une foule de petites actions qui peuvent être menées à court terme pour montrer qu'on prend les choses à cœur et envoyer des signaux positifs», souligne Mme Guilbault.
Autre dossier à prioriser: les études sur le paysage annoncées dans le plan. Un sujet d'actualité alors que l'Hôpital général tiendra ce mois-ci des consultations sur son projet d'agrandissement. Le projet initial, qui comprenait une tour de plusieurs étages, a été réduit pour mieux s'intégrer dans le paysage. Le développement du cimetière Notre-Dame-des-Neiges est questionné lui aussi. «Il est important de se doter de critères et de balises plus précis. Or, ni au ministère de la Culture ni à la Ville de Montréal, les outils ne sont encore en place. Pendant que l'on réfléchit, le développement, lui, n'arrête pas», insiste Mme Guilbault.
Quel rôle pour la Table ?
La Table de concertation du Mont-Royal s'interroge sur le rôle qui lui reviendra maintenant. Son mandat prévu par la Ville consiste à assurer la pérennité du plan. Une fois par année, elle recevra un compte-rendu sur le déroulement des réalisations dans l'arrondissement historique du mont Royal. Son rôle sera donc essentiellement d'appréciation, pas un rôle actif. «Le mandat de la Table n'est pas clair. Il faut que cette richesse et cette expérience continuent à être mises à contribution pour apporter des projets sur la table.»
Le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal s'inspire des consensus issus des travaux de la Table de concertation du Mont-royal. Cette Table regroupe les arrondissements dont une portion est située à l'intérieur de l'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal, la Ville de Westmount, les grandes institutions propriétaires sur le Mont-Royal et le milieu associatif qui a un intérêt pour la montagne.
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: Martin Roy)