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Et si c'était ma poussette qui avait été happée par un policier?

Article mis en ligne le 21 avril 2008 à 9:00
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Et si c'était ma poussette qui avait été happée par un policier?
Plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Montréal dimanche dernier pour s'opposer au projet de transformation de la rue Notre-Dame. (Photo:Jacques Pharand)
Et si c'était ma poussette qui avait été happée par un policier?
Hormis durant mes folles années cégépiennes, je ne suis pas une habituée des manifestations. Mais comme le projet de la rue Notre-Dame me touche de près, je me suis jointe, à l'invitation d'une amie, aux quelques centaines de manifestants qui ont emprunté les rues d'Hochelaga-Maisonneuve dimanche après-midi.

Ma poussette roulait aux côtés de cyclistes, d'enfants et de percussionnistes, dans un joyeux tintamarre. Des policiers devaient assurer la sécurité du groupe, ce qui me rassurait. Quelle ne fut pas ma surprise de voir le jeune homme à mes côtés s'effondrer, son vélo ayant été happé par un véhicule de patrouille roulant derrière lui. Pire, le policier a immobilisé sa fourgonnette directement sur le pied du cycliste, qui n'arrivait pas à se dégager.

Pendant de longues secondes, nous étions plusieurs à faire clairement signe à l'agent de la paix de reculer, sans succès immédiat. Il s'est finalement exécuté, puis est sorti de son véhicule, invectivé par la foule. Heureusement, le manifestant n'a pas été blessé: il portait des chaussures à cap d'acier. Il a poursuivi paisiblement son chemin et a invité quelques voisins outrés à l'imiter.

Mais les esprits s'étaient échauffés et des remarques pour le moins désobligeantes ont été lancées de part et d'autre, notamment par des policiers qui s'exprimaient à travers leur microphone. Tout ce brouhaha parce que les forces de l'ordre tenaient à conserver une voie ouverte à la circulation sur la rue Sainte-Catherine...

Certes, les agents ont bien effectué leur travail en bloquant l'accès aux automobilistes arrivant par les rues perpendiculaires, mais le Service de police de la Ville de Montréal m'a passablement déçue. Lors de cette manifestation pacifique, la plus grande menace à ma sécurité semblait être les policiers qui m'entouraient.

(Photo:Jacques Pharand)

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