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Quelle protection pour le mont Royal?

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 27 mars 2008 à 13:37
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Quelle protection pour le mont Royal?
Les représentants de la Ville ont eu à répondre aux questions d'une trentaine de citoyens et de troupes sur le projet de document qui sera, à la fin du processus, annexé au plan d'urbanisme de Montréal. (Photo:Jacques Pharand)
Quelle protection pour le mont Royal?
Environ 200 personnes ont assisté le 18 mars au lancement de la consultation sur le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal.
Le projet présenté par la Ville de Montréal est ambitieux. Le mont Royal, avec ses trois sommets, constitue un réservoir précieux de la biodiversité et représente à lui seul un écosystème complexe à protéger. Chaque année, le site reçoit près de 3,5 millions de visiteurs. Pas moins de 14 institutions sont implantées sur ses flancs. Quatre arrondissements et une municipalité (Westmount) touchent à son territoire.

Les mesures prévues dans le cadre du plan de protection et de mise en valeur du mont Royal sont donc vastes et diversifiées, à l'image de ce territoire qui forme un réseau écologique de 423 hectares. On veut protéger et conserver le patrimoine existant, mais aussi le mettre en valeur, tout en favorisant son utilisation dans les meilleures conditions par les Montréalais et les visiteurs.
Mieux connaître le mont Royal
Il reste encore beaucoup de pain sur la planche, notamment en ce qui concerne l'évaluation de la biomasse végétale et le potentiel archéologique du site, qui a encore été très peu exploré. En un mot, pour décider comment intervenir, il faut d'abord savoir ce qu'il y a précisément à protéger.
Le plan présente une centaine de mesures. Quelques exemples: les vues et perspectives depuis et vers le mont Royal. Le nombre de vues à protéger a ainsi été quasiment doublé par rapport au projet initial. Rendre la montagne plus accessible et accueillante représente une autre des priorités du plan. Pour y parvenir, on veut améliorer le réseau de rues et sentiers qui la desservent ainsi que la qualité des services offerts dans le parc.

Le plan s'inspire largement des travaux de la Table de concertation sur le mont Royal, qui regroupe les instances municipales, les grandes institutions propriétaires et le milieu associatif. Les membres de cette Table, présidée par Claude Corbo, se sont entendus sur 22 grands consensus relativement aux gestes à accomplir pour préserver la montagne.
Où sont les citoyens ?
Une trentaine de citoyens et de représentants de groupes ont interrogé les représentants de la Ville sur plusieurs des aspects du projet. Dinu Bumbaru, d'Héritage Montréal, s'est interrogé sur la définition de la notion de protection, telle que mise de l'avant dans le document. «On lit les mots intervenir, rétablir, quantifier. Et, dans le cas des vues, on parle surtout de négocier les formes de l'obstruction», note-t-il.
Alain Tremblay de l'Écomusée de l'au-delà, qui se préoccupe du patrimoine funéraire, s'est questionné quant à lui sur l'annonce de plantation massive d'arbres dans le cimetière du mont Royal. «Est-ce que l'on n'est pas en train de mettre la charrue avant les bœufs, alors que certains alignements d'arbres seront revus pour aménager des liens entre les différents corridors ?»

Sylvie Guilbault, directrice des Amis de la montagne, a pour sa part souligné le «travail colossal» réalisé par les plus de 60 membres de la Table. Elle a regretté toutefois le manque d'implication des citoyens dans le processus. «Où sont les éléments qui vont faire que les Montréalais vont participer aux différents mécanismes ?», s'est-elle inquiétée.

Jean-François Hallé, du même organisme, a déploré le manque de précision des mesures annoncées dans le plan. «Le niveau de connaissances doit être augmenté dans certains domaines, notamment au niveau du patrimoine archéologique et de la caractérisation des paysages», a concédé Céline Topp, directrice du Service de la Mise en valeur du territoire et du patrimoine à la Ville de Montréal.

À compter du 23 avril, les citoyens et groupes pourront présenter à la commission des opinions sous forme de mémoires écrits ou verbaux. Les Montréalais sont aussi invités jusqu'au 20 avril à remplir un questionnaire en ligne concernant les enjeux cruciaux du mont Royal.
Prochains ateliers thématiques
31 mars, 9h: La protection des paysages; 13h, le cadre de mise en œuvre (OCPM, 1550, rue Metcalfe, 14e étage, Métro Peel)

1er avril, 19h:L'accessibilité, l'accueil et les services (Hôtel Hyatt Regency, Salon Alfred-Rouleau, 1255, rue Jeanne-Mance)

(Photo:Jacques Pharand)

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