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Arrêtez de vous plaindre!
Attendez avant de déprimer! Là c’est blanc, passe encore… mais imaginez quand la sloche va s’en mêler.
Pensez plutôt à vos jardins qui n’auront jamais été aussi beaux. Imaginez seulement le Jardin botanique après la fonte. Sa glycine va sûrement refleurir cette année. Et les rivières cet été: avant qu’on se plaigne de sécheresse, on a de quoi faire un bout. Quant aux automobilistes du Plateau et de Ville-Marie, si vous voulez arrêter de pelleter, faites ce que j’ai fait il y a vingt ans: vendez vot’ char!
Mais, je dois l'avouer: je suis mal placé pour parler. Je me suis enterré chez moi, la zapette à la main pendant toutes les dernières tempêtes en rêvant aux hivers de mon enfance.
Les toits de mon hangar étaient certainement plus solides que ceux de la CSDM. Chaque hiver était plus enneigé que le précédent. On ne fermait jamais l’école; je partais à pied avec mes culottes breeches et mes bas golf. Je me lançais dans la neige qui rentrait de partout et ça séchait tranquillement à l’école pendant le cours de Sœur Ange Gabriel.
Dès le retour à la maison, c’était l’attente du fiancé de ma sœur qui, à chaque tempête, venait rajouter une aile à mon fort de blocs de neige.
Je me souviens même d’une année ou il put me construire plein de tunnels secrets et de cheminées sous les mètres de neige qui avaient enseveli la cour arrière. Avec les petites Coulombe, j’y organisais des poursuites dignes d’Indiana Jones.
C’était d’une dangerosité exceptionnelle, mais ma grand-mère veillait au grain depuis sa galerie. Aujourd’hui, elle serait taxée d’imprudence extrême, mais il fallait que je me défoule: je ne pouvais pas me battre au hockey. J’espère que vous m’avez vu venir avec mes gros sabots… Au moment où j’écris ces lignes, depuis trois jours, je n’entends parler aux bulletins de nouvelles que des frasques du fils Roy. Pour calmer les tensions, le premier ministre se déplace pour encourager les Remparts de Québec au Colisée.
Je me demande combien de fois depuis qu’il est élu, il a assisté à un spectacle du Théâtre du Nouveau Monde ou du Rideau vert…
Aux automobilistes du Plateau et de Ville-Marie, si vous voulez arrêter de pelleter, faites ce que j’ai fait il y a vingt ans: vendez vot’ char!
Arrêtez de vous plaindre !
linda gauthierArticle mis en ligne le 25 mars 2008
Et bien mon cher M. Montmorency,avant d'écrire cette chronique, vous n'avez, de toute évidence, pas pensé aux personnes à mobilité réduite...
Qu'on arrête de se plaindre ? Je voudrais bien vous y voir...
Être emmurée pendant au moins une semaine, parce que les trottoirs de notre beau quartier ne sont pas déneigés, ou que c'est l'autre côté de la rue qui l'est, quand ce ne sont que des gens ambulants qui y vivent, et que de notr côté, c'est un immeuble où y habitent des personnes âgées et/ou handicapées et en fauteuil roulant...
(Je fais une parenthèse pour dire que j'ai 50 ans, et que ce n'est pas parce qu'on est handicapé qu'on est "attaché après la patte du poêle"...)
Je suis très autonome. Ne travaille plus depuis 4 ans (à cause de la sclérose en plaques), mais suis une bénévole très active à la Commission des Droits de la Personne et de la Jeunesse, et poursuit un Bac en droit (mi formation à distance/mi sur campus)
Puis, finalement quand vous réussissez à mettre "une roue" dehors, les trottoirs sont tellement bien déneigés, que vu que vous êtes désespérée et si heureuse d'être enfin à l'extérieur, vous vous risquez quand même de surmonter un petit monticule de glace, et votre fauteuil bascule sur le côté...
Et c'est à moi que vous venez dire, mon cher Momo: "Arrêtez de vous plaindre ????"
À d'autres, mais pas à moi !
Vivement le printemps et sa "sloche"
Votre toute écoeurée,
Linda Gauthier