Une farce grotesque sur le dos des plus vulnérables
Après avoir déclaré il y a quelques mois qu’une nette amélioration était observable dans la situation du logement, une déclaration pour le moins irresponsable de la part d’un responsable de l’habitation au comité exécutif de la ville de Montréal, Cosmo Macioca annonçait en novembre dernier que la Ville de Montréal pouvait régler les situations urgentes en matière de salubrité en trois mois. Il en a profité pour annoncer un plan d’action qui a été salué par l’ensemble des organismes oeuvrant pour le droit au logement. L’insalubrité frappe des milliers de logements au Québec et tout indique que les locataires sont laissés à eux-mêmes face à ce problème.
Or, voilà qu’on apprend que la Ville de Montréal s’apprête en catimini à vendre au secteur privé les Places l’Acadie et Henri-Bourassa. Il s’agit de deux complexes immobiliers qui regroupent des centaines de familles et qui avaient été justement déclarés insalubres récemment. Le plan d’action prévoyait que la Ville effectuerait les travaux en lieu et place des propriétaires récalcitrants et leur refilerait la facture par la suite. Mais il semble que l’administration municipale a opté pour remettre le problème dans les mains du secteur privé. Mentionnons qu’on ne retrouve aucunement cette option dans le plan de la Ville pour venir à bout de l’insalubrité.
Cette farce grotesque qui se joue sur le dos des plus vulnérables ne se termine pas ici. Tout indique que la Ville impliquera la Société d’habitation et de développement de Montréal (SDHM) dans le projet de vente et financerait de cette façon une partie des travaux à effectuer en lieu et place du promoteur. Comme on peut le constater, la farce se joue en trois actes; les propriétaires délinquants s’en sortent, les nouveaux promoteurs obtiennent du financement de la Ville pour probablement transformer les logements en condo et la Ville règle sur le dos des mal logés les problèmes de salubrité.
Croire que le secteur privé, autrement dit que les forces du marché vont mettre fin à la crise du logement relève de la pensée magique. Ce qui guide les forces du marché, c’est la réalisation du profit maximum peu en importe le coût pour les locataires.
Comme le clament depuis des années les activistes oeuvrant pour le logement, le logement est un droit humain qui doit recevoir des garanties concrètes et ces garanties ne peuvent venir que de l’État dont le rôle est d’assurer que les droits de tous soient respectés. C’est en partant de ce principe que la crise du logement sera résolue.
Cela peut se faire !
Cela doit se faire !
Serge Lachapelle
Résident du Plateau