(Photo:Éric Carrière)
Réussite sociale et environnementale !
Valérie Koporek, fondatrice du Centre de compostage communautaire Tourne-Sol, effectue un tour du chapeau en remportant le deuxième prix du concours Terre de Femmes de la fondation Yves Rocher.
Le Centre Tourne-Sol, situé dans le parc Jeanne-Mance, est le premier centre de compostage communautaire en milieu urbain au Québec. Peu après son ouverture, en 2004, il remporte deux distinctions: le Phénix de l’environnement et le prix du Canadian Geographic.
Cependant, le prix Terre de Femmes est plus personnel pour Valérie Koporek: «Il encourage les femmes en environnement à monter des projets. Ça m’a donné un élan pour continuer, un coup de fouet», s'exclame-t-elle.
Le concours récompense trois environnementalistes dans chacun des 11 pays où il est organisé. Christina Hane, directrice des communications chez Yves Rocher, explique que Valérie Koporek a été choisie pour les effets bénéfiques que son projet a sur l'environnement, mais aussi sur la communauté.
L’Éco-quartier Jeanne-Mance et Mile-End, dont elle est la directrice depuis dix ans, permet à plus de 160 foyers de bénéficier des services du centre de compostage. Il suffit de s'inscrire puis, à la maison, de mettre les matières compostables dans un contenant de plastique hermétique et venir les déposer au Centre Tourne-Sol durant les heures d'ouverture.
Le centre possède deux moulins à compost qui «digèrent» les matières organiques. Une équipe d'animation est présente pour répondre aux questions et voir à la bonne marche des opérations. Plus tard, les citoyens participants pourront venir chercher du compost gratuitement. La condition pour être membre : habiter le secteur du Plateau-Mont-Royal. Mme Koporek explique que c'est avant tout «un projet de quartier adressé aux gens du quartier.»
L'idée d'un centre de compostage communautaire a germé dans la tête de Valérie Koporek alors que des citoyens ne possédant ni jardin ni balcon réclamaient une alternative au compostage domestique. Elle rencontre alors des professeurs spécialisés dans le domaine pour voir si l'idée de créer un centre de compostage communautaire aurait un sens en ville.
«Les profs me prenaient pour une folle! Ils me disaient: "En ville, ça ne marche pas, va faire ça à la campagne"», dit-elle en riant. Elle n'abandonne pas l'idée et rencontre finalement Suzelle Barrington, de l'Université McGill, qui l'aide à concevoir une machine de compostage.
Le projet remporte un succès fou. Outre les prix gagnés, c’est la liste d’attente croissante pour devenir membre qui en est la preuve. Les gens en redemandent. On étudie actuellement la possibilité d’implanter d’autres centres, dans le quartier et ailleurs. Un projet pilote pour les restaurateurs est aussi en branle. Valérie Koporek est consciente que le Centre Tourne-Sol est une goutte d'eau dans l’océan, mais elle conclut, confiante, que «si chacun fait son petit bout, ensemble on fera un plus gros bout de chemin.»
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Jacques Vallée
Commentaire mis en ligne le 13 avril 2009Exemple de projet de compostage en milieu urbain.