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Le développement local au centre d'une querelle de territoires

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 9 mars 2008 à 10:00
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Le développement local au centre d'une querelle de territoires
La CDEC a tiré la sonnette d'alarme, le 29 février, pour mobiliser ses troupes. (Photo: Jacques Pharand)
Le développement local au centre d'une querelle de territoires
Devant la levée de boucliers, les arrondissements Ville-Marie et Plateau-Mont-Royal ont reculé dans leur projet de redécouper les frontières de la CDEC pour s'échanger le développement des quartiers Centre Sud et Milton Parc. Ce n'est toutefois que partie remise. Le modèle de développement souhaité pour les quartiers centraux devra faire l'objet d'un débat public.
L'émotion était à son comble, le 29 février, dans les locaux de la CDEC Centre-Sud/Plateau-Mont-Royal. Une centaine d'organismes et entreprises d'économie sociale étaient sur place pour prendre connaissance du projet de redécoupage du territoire proposé par les arrondissements Ville-Marie et Plateau-Mont-Royal.

L'hypothèse retenue, qui était à l'ordre du jour des conseils d'arrondissement des 3 et 4 mars derniers avant d'être finalement retirés, consiste à attribuer le territoire de Milton Parc à la CDEC et de confier en contrepartie le Centre-Sud à la Société de développement économique (SDE) Ville-Marie.

Depuis l'entrée en vigueur de la loi 34, le développement local est entre les mains des centres locaux de développement (CLD) à travers le Québec, exception faite de l'île de Montréal, où ce sont les corporations de développement économique communautaire (CDEC), déjà installées en place, qui ont hérité de ce mandat.
Milton Parc: un quartier orphelin
Dans le cas du Plateau et de Ville-Marie, la répartition territoriale actuelle de la CDEC est calquée sur les limites des arrondissements du Montréal d'avant les fusions. Une situation qui ne cadre pas avec la nouvelle réalité administrative. «Le redécoupage est un débat cyclique, indique Linda Vallée, présidente de la CDEC. Nous sommes parmi les rares à agir sur deux arrondissements sans les couvrir totalement.»
Cette situation à plusieurs inconvénients. «Le Plateau Mont-Royal ne peut pas définir une stratégie de développement local sur l'ensemble de son territoire. Le secteur Milton Parc aurait besoin qu'on y intervienne en appui aux petits commerçants, aux gens d'affaires et aux groupes communautaires qui l'habitent», de souligner la mairesse Helen Fotopulos, qui siège aussi au conseil d'administration de la CDEC.

Là où le bât blesse, c'est que la démarche des deux arrondissements aurait été entamée sans l'avis des principaux intéressés. «Tout cela s'est passé au-dessus de nos têtes», déplore Mme Vallée, qui demande un processus de consultation en bonne et due forme avant de prendre une décision. «C'est une question de respect envers la société civile et les citoyens», soutient-elle.

Les enjeux économiques dans la balance sont importants. La CDEC gère près de 2,8 M$ de budget, dont 1,2 M$ pour le Fonds local d'investissement. Plusieurs projets majeurs sont en cours dans Centre Sud: le carrefour alimentaire, qui générera des retombées estimées à 22 M$, le marché Frontenac, le Chat des artistes, où une trentaine de petites entreprises culturelles auront pignon sur rue, et la coopérative symphonique, qui accueillera des studios d'enregistrement, un investissement de 5 M$.
Un modèle de développement durable
Au fil des ans, les CDEC ont développé une façon différente d'aborder le développement économique, en alliant le social, la culture et l'économie. Une recette à succès comme en témoignent les nombreux fonds levés par l'économie sociale.
«Souvent, on est taxés de travailler de façon trop communautaire. Or, nous avons mis au point des outils qui permettent de développer des quartiers de manière aussi rentable que les modèles d'affaires traditionnels», affirme Louise Hodder, directrice générale de la CDEC.

Christian Yaccarini, président de la Société de développement Angus, un modèle de développement économique soutenu par la communauté, s'offusque du type d'approche adopté : «Des élus d'arrondissement viennent jouer dans des structures qu'on développe depuis plus de 20 ans. En arrière de cela, c'est un modèle de développement qu'on refuse.»

La mairesse Fotopulos s'est engagée pour sa part, lors du conseil d'arrondissement du 3 mars, à amorcer des discussions sur d'autres bases avec l'ensemble des intervenants, incluant la CDEC.

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