La carte de la hiérarchisation des rues, présentée par Jonathan Harou, de l'équipe des études techniques des Travaux publics de l'arrondissement, a suscité de vives discussions sur les rues de transit et les rues de desserte locale.
(Photo: Jacques Pharand)
Les citoyens restent sur leur faim
Les attentes des citoyens sont grandes quant au futur Plan de déplacement urbain du Plateau. Plusieurs se sont montrés déçus du portrait diagnostic présenté par l'arrondissement. Ils regrettent le manque de nouvelles informations et l'absence de données importantes sur la pollution, la santé et la sécurité.
«Il manque la carte des accidents, il n'y a pas de données sur la vitesse des véhicules. On ne sait pas non plus combien de rues se prêtent à des mesures d'apaisement. On aurait aimé savoir précisément quelles rues pourraient être rétrécies pour élargir les trottoirs et réaliser des pistes cyclables. On ne connaît pas non plus les taux de pollution liée à la circulation automobile», a déploré Martin Audet, lors de la présentation du document, le 27 février.
Laurent Guignard, résidant du quartier et ingénieur en circulation, craint pour sa part que le plan se limite à quelques interventions sur les rues locales et ne s'attaque par au véritable problème à ses yeux: les rues collectrices, comme Laurier, Rachel, Christophe-Colomb ou De LaRoche, qui devraient servir à la circulation résidentielle et non à celle de transit. «Il faut réviser la hiérarchie du réseau routier. Il faut comprendre que plus on donnera de fluidité aux automobilistes, plus ils auront envie de prendre leur auto», déclare-t-il.
D'autres citoyens ont soulevé le problème du camionnage. «Est-il normal qu'un 18 roues se stationne en double file devant un dépanneur pour livrer quelques caisses de bières ?», a questionné un résidant.
La nécessité de prendre en considération les déplacements qui contribuent à «la vitalité» du Plateau Mont-Royal – les livraisons et la circulation liées aux activités commerciales - soulevée dans le document, en a également inquiété plus d'un. « La vitalité ne doit pas prévaloir sur la sécurité et la santé», a déclaré Ginette Boivin, résidante du Mile End.
Le document, qui contient 67 pages et une quinzaine de cartes, représente un condensé de toutes les données collectées et analysées depuis deux ans par l'arrondissement, soit une soixante de couches d'information au total. «On n'a pas pu tout indiquer dans le document, car il fallait qu'il reste facilement consultable», a justifié le conseiller du Mile-End, responsable du Plan de déplacement urbain, Michel Labrecque. De nombreuses données plus fines, en provenance notamment du service de police sur les vitesses et les accidents n'ont pas été mentionnées faute de place.
Richard Bergeron, conseiller de ville et chef de Projet Montréal, estime pour sa part «qu’on tourne en rond sur le Plateau depuis deux ans. Une administration Projet Montréal serait passée à l’action dès le printemps 2006, sans autres tergiversations», prétend-il.
Calendrier
17 et 31 mars et 14 avril : Soirées d’information thématique
21 mai : Soirée d’information sur le PDU
9, 10 juin (au besoin) : Audiences publiques et réception des mémoires
2 septembre : Présentation et dépôt du rapport de consultation au Conseil d’arrondissement
Décembre : Adoption du Plan de déplacement urbain
(Photo: Jacques Pharand)