Réclamons la Main
Première rue s'étirant hors des anciennes fortifications du Vieux-Montréal, reconnue pour son multiculturalisme et colonne vertébrale du quartier le plus artistique au Canada, la "Main", Saint-Laurent, tient une place privilégiée dans le cœur des Montréalais. Afin de protéger l'effervescence de cette artère principale, le gouvernement fédéral a désigné en 1996 «La Main» comme étant un site historique national et a insisté sur le fait que «les éléments envahissants se doivent d'être minimaux» afin de protéger notre patrimoine.
Alors que les travaux de construction sont terminés, les coûts de la remise à neuf du boulevard Saint-Laurent s'élèvent à un total de 32 millions de dollars. Recevant un budget de 40 000 dollars issu par la Ville, l'association des marchands a tenu début décembre une campagne promotionnelle incluant une série de festivités afin de célébrer la réouverture et de ramener les Montréalais sur le boulevard St-Laurent.
Avant même que débutent les 14 mois infernaux de construction qui furent témoin de plusieurs faillites, les anciens du Plateau avaient déjà commencé à se plaindre que le boulevard était de plus en plus inondé d'éléments envahissants - plus spécifiquement: d'un très haut taux de publicité abusive (camions publicitaires, publi-réalités, événements commercialisés en tant que "street parties" faisant la promotion de jeu d'argent sur internet et de vente d'alcool, panneaux publicitaire télévisuels ainsi qu'un paquet de promoteurs promouvant par n'importe quel moyen inimaginable des tonnes de produits). Déjà plusieurs de ces formes de pollution mentale saturent le site historique, appauvrissant la culture unique propre à La Main, son héritage et sa vitalité.
Profitant du fait que le boulevard Saint-Laurent s'ouvre ainsi sur un nouveau chapitre après la fin des travaux, les résidants du Plateau exigent une réévaluation des politiques entourant la Main. Je suggère que: «cette fois il faudrait commencer du bon pied en témoignant du respect pour le site historique national. Au 21e siècle, il est primordial d'accorder de l'importance à l'environnement mental. Quel espoir avons-nous de protéger la richesse de notre culture contre les attaques voraces d'un tas de marques diluant cette dernière dans une monoculture, si nous n'arrivons même pas à protéger un site historique. C'est le temps de réagir et de prendre part au débat contre l'envahissement des corporations sur la Main. Si le maire Tremblay refuse d'agir face à ce problème, il ne laissera pas d'autre choix aux habitants du Plateau que de passer à l'action afin se de protéger et de défendre notre site historique, notre patrimoine, face aux abus. Si jugés nécessaires, nous utiliserons tous les moyens à notre disposition afin de reprendre possession de notre Main. Si nous pouvons sauver l'avenue du Parc, nous pouvons sauver la Main.
Donovan King, du Optative Theatrical Laboratories