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Deux organismes viennent en aide aux femmes du Sénégal

Alain Perron par Alain Perron
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Article mis en ligne le 15 février 2008 à 8:00
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Deux organismes viennent en aide aux femmes du Sénégal
Louise Bourque, du Carrefour canadien international, et Manon Monastesse, directrice de la Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. (Photo: Jacques Pharand)
Deux organismes viennent en aide aux femmes du Sénégal
Deux organismes du Plateau-Mont-Royal et de Ville-Marie travaillent conjointement afin de venir en aide aux femmes du Sénégal.
La Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec et le Carrefour canadien international appuient le réseau sénégalais Siggil Jigéen pour contrer les violences faites aux femmes et promouvoir les droits des femmes du Sénégal.

Le réseau Siggil Jigeen concentre ses efforts à l’amélioration et au renforcement du statut de la femme sénégalaise. Ce réseau regroupe plusieurs organisations. Ces dernières oeuvrent tant pour contrer la pauvreté que pour promouvoir l’alphabétisation, voir aux droits en santé, à l'économie solidaire, le droit des femmes, etc.

Ce nouveau partenariat international, démarré à Dakar et Kaolack au Sénégal en décembre dernier, vise le renforcement des capacités du réseau national Siggil Jigéen dont les organismes membres travaillent à l’amélioration des conditions de vie générales des Sénégalaises.

Cette collaboration est profitable dans les deux sens. Si l'expertise d'ici sert aux Sénégalaises, leur réalité contribue à l’enrichissement des services offerts aux femmes immigrantes d’origine africaine victimes de violence conjugale. «Nous pouvons adapter nos services. Nous avons élaboré un guide à l'intention des intervenantes des 41 maisons d’hébergement membres de la Fédération québécoise», informe Manon Monastesse, directrice de la Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec.

Entre les mois d'avril et de septembre, quatre Sénégalaises sont venues ici afin d'identifier des partenariats sur les droits des femmes.

De son côté, Mme Monastesse revient d'un séjour au Sénégal. Elle explique que «la situation des maisons d'hébergement là-bas se compare à ce qui se vivait ici, il y a 30 ans. Les femmes du Réseau hébergent les femmes chez elles puisqu'il n'y a pas de ressources suffisantes».

«Nous les supportons, mais les projets doivent émaner du terrain. Ce sont les femmes du Sénégal qui connaissent davantage les besoins et les initiatives qui doivent être menées», maintient Louise Bourque du Carrefour canadien international.
Une toute autre réalité
Le Sénégal demeure une société patriarcale où le statut social des femmes est encore tributaire de stéréotypes sexistes véhiculés par la société et la famille. L’homme peut exercer sa toute puissance sur sa famille si bien que la violence conjugale est socialement acceptée. Malgré les modifications apportées au code pénal sénégalais en 1999 qui sanctionnent formellement les violences faites aux femmes dans les foyers et dans la société, des filles sont encore contraintes au mariage forcé et 28% d’entre elles subissent l’excision chaque année. Les femmes mariées peuvent être répudiées et contraintes à subir des violences physiques, psychologiques et économiques en toute impunité.
Fondé en 1993, le réseau Siggil Jigéen regroupe 17 organisations qui travaillent au renforcement du statut de la femme sénégalaise dans toutes les sphères de la société. Ces organisations participent à la défense et la promotion des droits des femmes, interviennent auprès des femmes victimes de violence conjugale, favorisent l’empowerment social et économique des femmes. Les pressions menées auprès des milieux politique et juridique sénégalais visent la mise en place de mesures permettant l’application des lois. Par des activités d’éducation et de sensibilisation, le réseau dénonce les freins culturels à l’origine des résistances au changement.

Malgré certaines avancées, les défis demeurent colossaux. Le réseau Siggil Jigéen souhaite par ce partenariat s’inspirer de l’expertise de la Fédération et de ses maisons membres en violence conjugale, afin de consolider sa capacité d’intervention auprès des femmes sénégalaises victimes de violence Il vise le renforcement de ses actions auprès des instances politiques du Sénégal pour que des campagnes de sensibilisation nationales sur les droits de femmes soient mises en place et que les acquis au plan juridique donnent enfin des résultats concrets dans la vie des femmes.

(Photo: Jacques Pharand)

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