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Avez-vous dit «démocratique» ?

Les consultations publiques pour la rue Notre-Dame

Michel Joanny-Furtin par Michel Joanny-Furtin
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Article mis en ligne le 24 janvier 2008 à 15:19
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Avez-vous dit «démocratique» ?
Ils étaient presqu'une centaine venus de Ville-Marie, mais aussi du Plateau et d'Hochelaga-Maisonneuve, ce lundi au Centre Saint-Pierre pour écouter une présentation du projet et des thèmes de discussion et surtout participer à la période de questions. (Photo: Courtoisie)
Avez-vous dit «démocratique» ?
Les consultations publiques pour la rue Notre-Dame
«La présente consultation publique a pour objectif de connaître le point de vue des citoyens sur les mesures proposées d'intégration urbaine du projet», disait l'invitation. Et les citoyens ne se sont pas faits priés tant leur colère était palpable sous la courtoisie.
Ils étaient presqu'une centaine venus de Ville-Marie, mais aussi du Plateau et d'Hochelaga-Maisonneuve, ce lundi au Centre Saint-Pierre pour écouter une présentation du projet et des thèmes de discussion et surtout participer à la période de questions. Certains portaient des masques à gaz, histoire de créer l'ambiance…

Entourant la salle, de grands panneaux expliquaient le projet dans les différents secteurs et le montraient sous différentes coupes et autant d'angles. Même si ce projet devient souterrain de Radio-Canada à la SAQ puis de nouveau à l'approche du parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve, il sera au niveau des quartiers la plupart du temps. La bataille des mots est commencée. Tout le monde parle de boulevard urbain, mais n'y met pas les mêmes ingrédients dans la recette. La vision autoroutière dans les plans du ministère et de la ville, ponctue le trajet de passerelles pour aller voir la rive et l'admirer d'un balcon au dessus des voies ferrées du port sans toutefois y accéder vraiment.

Les voies routières seront bordées de murets antibruit et d'espaces verts surélevés ou passeront les pistes cyclables et les piétons. Mais on ne traversera plus. La vitesse sur les voies routières sera dans la continuité de l'autoroute Ville-Marie. Pas de quoi réjouir les riverains qui craignent un nouveau boulevard Décarie juste «renippé».

Les résidents et les citoyens veulent un véritable boulevard urbain à l'image du boulevard René-Lévesque qui permet le transport collectif la piste cyclable, les commerces, les résidences la vie de quartier et le passage des autos sans heurts majeurs. Bref une voie d'accès nécessaire et large, mais qui s'intègre bien en la traversant la vie locale, avec des feux de circulation des voies de virage, etc.!
Des citoyens en colère
«Cette consultation publique vise à entendre un maximum de personnes. C'est pourquoi le ministère des Transports et la Ville de Montréal ont opté pour la formule des tables rondes. Cette formule permet à l'ensemble des participants de s'exprimer sur les différents sujets», disait aussi l'invitation.

Les personnes présentes ont exprimé leur désagréable impression d'être manipulés comme si, au vu des plans présentés autour de la salle, tout était déjà calculé, inventorié, budgété, et… décidé. Avec ou sans consultation publique.

La formule mise en place par Convercité est pour le moins originale, voire déconcertante : une session de questions puis une session de tables rondes «où l'on nous demande notre avis sur des détails comme la couleur ou les fleurs, pas sur la viabilité du projet pour les résidents voisins», fulminait un citoyen. «La procédure ''démocratique'' de ce soir, c'est-tu juste pour le ''fun'' ?»

«Cessez de nous parler de circulation locale quand on sait que ceux qui utiliseront cette autoroute parce que c'est une autoroute, viennent de l'extérieur de Montréal», pestait un autre.

«Comment pouvez-vous parler de réduire la circulation alors que le trafic va augmenter?» questionnait un troisième.

«À l'époque de Kyoto, vous investissez 750 millions $ pour favoriser l'auto et la pollution sans respect pour les humains vivant à côté ! Pourquoi on n'investit pas ces sommes dans un tramway pour alléger la circulation ?»

«Le maire Tremblay promettait une ville plus verte. Pourquoi a-t-il changé d'avis? Qu'est-ce qui a été promis en échange?»

«Bizarrement, l'information est indisponible à propos du réel achalandage automobile que va drainer cette nouvelle autoroute. Et on n'a pas assez de temps pour constituer les mémoires avant le 30 janvier à 16h.»
Les personnalités aussi s'inquiètent…
Plusieurs personnalités étaient présentes: le maire B. Labonté, le député R. Ménard; l'architecte Ron Rayside; J. Perron de la SDC du Vieux-Montréal; Bruno Pilote, attaché parlementaire de G. Duceppe; É. Michaud, coordonnateur du comité Logement Centre-Sud; C. Murphy, président du Centre J.-C.-Malépart, etc.

«Ce projet de réaménagement de la rue Notre-Dame vers l'est du Pont Jacques Cartier existe depuis longtemps», rappelle Benoit Labonté, maire de Ville-Marie. «Mais c'est la première fois qu'on observe un effort concerté pour le réaliser.»

«En raison des problèmes environnementaux qu'elle engendre, la situation actuelle ne peut continuer ainsi. Mais il faut être attentif aux mesures d'apaisement et le faire correctement», ajoute le maire.

«Il y a des données auxquelles on n'échappe pas. La présence du port de Montréal est une donnée incontournable. Son activité génère jour et nuit une circulation lourde, volumineuse, bruyante et polluante. En élargissant le boulevard, on évite que cette circulation nécessaire du camionnage de gros tonnage traverse les quartiers résidentiels. Mais autre donnée notable, l'induction d'une voie rapide génèrera toujours plus de trafic…»

Selon certaines études d'achalandage, il apparaîtrait que la plupart de nos déplacements quotidiens, comme le simple fait d'aller au travail, se font dans une zone de moins de 5 km du lieu de résidence. Parallèlement, le nombre de voiture entre 2001 et 2006 a augmenté de 2 millions au Canada passant de 16 à 18 millions de véhicules. Ces chiffres démontrent que nos déplacements sont de plus en plus dépendants de l'automobile alors qu'il existe d'autres solutions…
Prochains rendez-vous
La présentation des mémoires aura lieu le mercredi 6 février. Les personnes et les groupes qui désirent présenter leur mémoire doivent obligatoirement s'inscrire avant le vendredi 1er février à 16h au 514 286-2663 (poste 26), ou par courriel à…

inscription@convercite.org

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