La neige et le meilleur de nous
En matière d’environnement, cette part de conscience citoyenne qui doit, à l’échelle individuelle, réussir à sauver le monde a plutôt la cote. Et bien moi, depuis le 3 décembre dernier (depuis la dernière tempête), je dis que le monde court à sa fin! Et en ce qui concerne l’échelle locale : — je ne crois plus au modèle montréalais, ni en l’éducation individuelle de mes voisins! Pour être clair, disons-le : — J’ai carrément l’impression d’être entouré d’irresponsables finis, voire de colons! Et en voici les preuves :
Peu avant la dernière tempête, mes voisins qui déménageaient ont jeté les restes de leur vie sur le trottoir et ce, dans la plus pure tradition montréalaise de la chose: sauvagement! L’enlèvement des ordures ne passait que le mardi, qu’à cela ne tienne, les voisins s’en foutaient, ils quittaient le quartier! Résultat: tout a été enseveli lundi!
Mardi, alors que les travaux de déneigement commençaient, beaucoup de concitoyens ont quand même ressenti l’urgence dévorante de sortir leur sac de vidanges sur le banc de neige! Posons-nous la question, jusqu’à quel point, même le plus puant des sacs de vidanges peut-il souffrir d’attendre quatre jours de plus sur la galerie, au froid, le temps que les trottoirs soient dégagés?
Mercredi, quelle était encore cette urgence de sortir son bac à récupération? Et là, si on n’est pas capable de l’installer le plus près possible de la rue, tellement le banc de neige est large… Comment le mec qui passe avec son camion va-t-il faire pour le récupérer? Quoi, il va se mettre une paire de raquettes pour aller le chercher? Je l’entends déjà : — ça, c’est pas mon %#!@* de problème! »
Inconscience déshonorante! Nous vivons dans un pays de neige et nous agissons comme si nous étions en Floride. Nous pelletons véritablement notre insouciance dans les responsabilités des travailleurs qui s’occupent du déneigement, de l’enlèvement des ordures et de la récupération.
À bout de nous voir agir ainsi, je me suis poussé au parc Laurier avec mon chien… Et là, je rage... car je le constate davantage tous les jours depuis la tempête… Il y a un nombre effarant de gros porcs qui promènent des chiens! Mais c’est quoi votre maudit problème?
Jean, Plateau Mont-Royal