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Helen Fotopulos défend la décentralisation vers les arrondissements

Article mis en ligne le 17 novembre 2007 à 11:30
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Helen Fotopulos défend la décentralisation vers les arrondissements
Helen Fotopulos, mairesse de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal. (Photo: Jacques Pharand)
Helen Fotopulos défend la décentralisation vers les arrondissements
La mairesse de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, s'est livrée à un véritable plaidoyer en faveur de la «nouvelle» ville de Montréal et la décentralisation des pouvoirs vers les arrondissements. Nous reproduisons ici ses propos tenus lors du conseil d'arrondissement du 5 novembre dernier.
«Aujourd’hui, je vais prendre quelques minutes pour vous entretenir d’un dossier dont on entend beaucoup parler ces temps-ci, celui du niveau de décentralisation de la Ville de Montréal et des avantages et des inconvénients de celui-ci. Par la suite, je passerai à quelques nouvelles en rafales avant d’ouvrir la période de questions.

Si vous me le permettez, je vais faire un petit retour en arrière, d’abord entre les années 1994 et 2001. J’étais alors conseillère municipale dans le système centralisé qui était érigé en culture organisationnelle dans l’ancien Montréal. Les diktats nous venaient de l’Hôtel de ville et, sans quelque consultation que ce soit, nous étaient imposés. C’était un système entouré d’un profond secret que les conseillers et, à plus fort titre, les citoyens ne pouvaient percer.

Il y avait bien des lieux d’interaction entre les citoyens et leurs élus locaux : c’étaient ces fameux « conseils de quartiers » que le gouvernement du Québec avait imposés de force au maire Bourque. À chaque mois, il y avait une réunion. Au cours de celles-ci, les citoyens faisaient des suggestions, posaient des questions, revendiquaient des améliorations.

À chacun de ces points, les élus ne pouvaient répondre que par le laconique « nous référons votre requête au Comité exécutif » … qui, plusieurs semaines et mois plus tard, répondait la plupart du temps par la négative parce que s’il autorisait quelque chose ici, il devrait également l’autoriser ailleurs. C’était toujours trop compliqué, trop contraignant pour les autres. On nous disait qu’il fallait comprendre … bref, ce n’était pas possible.

Avec la création de la nouvelle ville de Montréal, en 2001, je siège maintenant comme mairesse ET comme membre du comité exécutif. Je suis donc particulièrement bien placée pour voir les côtés positifs et négatifs des deux systèmes.

Et, croyez-moi, jamais je ne voudrais qu’on revienne en arrière pour devoir quémander, avec la certitude de ne pas l’obtenir, l’installation d’un panneau d’arrêt réclamé par les citoyens depuis de nombreuses années.

Jamais je ne voudrais qu’on revienne en arrière pour devoir assister, impuissante, à des changements de zonage du type de ceux mis de l’avant par M. Bourque comme, par exemple le zonage «résidentiel» conféré aux terrains situés entre la rue Saint-Grégoire et le chemin de fer du Canadien Pacifique. S’il y a un mur aujourd’hui entre Rosemont et le Plateau, c’est que c’était là la seule mesure possible pour atténuer les irritants de la voie ferrée pour ces nouveaux résidants.

Jamais je ne voudrais qu’on revienne en arrière pour devoir faire un combat d’arrière-garde avec un promoteur qui se fout éperdument du patrimoine comme cela a été le cas avec le propriétaire du Rialto.

Jamais je ne voudrais qu’on revienne en arrière pour devoir être obligée de se rendre dans le Vieux-Montréal pour s’acquitter d’un simple permis de transformation de sa résidence ou son commerce.

Jamais je ne voudrais qu’on revienne en arrière pour devoir vivre avec des règlements qui devaient régir de façon uniforme le développement de Montréal; comme si c’était possible de traiter Rivière-des-Prairies, le centre-ville, le Plateau et les autres arrondissements d’une seule et unique façon.

La décentralisation a eu de nombreux bénéfices pour les citoyennes et les citoyens. Que cela rende la tâche des politiciens un peu plus complexe ne me dérange pas du tout !

Ce sont les citoyens du Plateau qui y gagnent quand c’est leur administration locale qui s’occupe de voirie, de la programmation des bibliothèques et de la maison de la culture ainsi que des installations sportives.

Ce sont les citoyens du Plateau qui y gagnent quand c’est leur administration locale qui peut prendre des initiatives démocratiques innovatrices comme les Soirées du Plateau qui ont mené à l’adoption du chapitre local du Plan d’urbanisme.

Ce sont les citoyens du Plateau qui y gagnent quand c’est leur administration locale qui peut décider de mettre en place un processus de budget participatif, qui a d’ailleurs été adopté à l’unanimité par le conseil d’arrondissement, ou comme les Échanges Parc-Pins qui sont en cours pour définir collectivement la vocation des terrains libérés par le remplacement de l’ancien échangeur.

Et enfin, ce sont les citoyens du Plateau qui y gagnent quand ce sont les membres de leur conseil d’arrondissement, branché sur leurs intérêts, qui font du volume et de la vitesse de la circulation dans les rues locales la priorité des priorités. Est-ce qu’il y a quelqu’un à Montréal qui pense que le Plan de déplacement urbain du Plateau pourrait être mis en place dans une administration centralisée comme celle que nous avions auparavant ? Impossible ! Jamais de la vie !

Je ne dis pas que tout est parfait et qu’il n’y a pas de problèmes du fait de la décentralisation des pouvoirs et de son exercice. Il est vrai qu’il peut surgir des problèmes de cohésion lorsque les priorités d’un arrondissement diffèrent des priorités de son voisin ou encore de la ville centre.

Mais on ne me fera pas croire que ces problèmes sont insolubles !

En communiquant entre elles, ces différentes instances ont trouvé des solutions au plan et aux procédures de déneigement et d’entretien des trottoirs constatés lors des deux premiers hivers. Nous avons maintenant un plan d’action concerté pour les nids-de-poule. L’enlèvement des ordures et la collecte sélective sont tout aussi décentralisés qu’ils l’étaient précédemment et sont toujours aussi efficaces. La Ville centre et les arrondissements se sont attaqués avec succès aux graffitis et se sont donné un plan d’action qui fait de Montréal une ville plus propre. Les exemples sont nombreux où les arrimages dans les opérations ont été réussis et ce, sans que cela se fasse au détriment d’une approche locale des services aux citoyens.

Je m’élève en faux contre tous ceux qui, dernièrement – qu’ils soient politiciens, journalistes, chroniqueurs ou tout simplement citoyens – prônent un retour en arrière… un retour à une ville centralisée où la planification des actions se ferait à des années-lumière des citoyens.

Sans blague, j’ai même entendu un journaliste réputé, dont je tairai le nom pour ne pas lui faire honte, vanter l’époque où un Drapeau décidait de tout. Je veux bien croire que le temps estompe les souvenirs, mais franchement, comment peut-on s’ennuyer du style de gouvernance de quelqu’un qui a incité toute une génération à s’engager en politique pour le combattre ?

Aujourd’hui, Montréal n’a que 6 ans. Et nous avons déjà eu à combattre des tentatives de la charcuter, de la rabaisser et de la dénaturer.

Aujourd’hui, Montréal n’a que 6 ans. Va-t-on lui en vouloir de ne pas être parfaite ? Va-t-on lui renier la possibilité d’être à la fois une métropole parmi les métropoles du monde et une ville humaine pour ses citoyens ? Non. Il faut lui laisser une chance d’enfin regarder vers l’avant.»

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