André Montmorency.
Je zappe, donc je fuis
J’ai toujours été un grand maniaque de la télé, mais je suis devenu d’une intolérance totale face à la publicité; sauf parfois quand on m’annonce, dans le coin droit en haut de l’écran, que je n’en ai que pour trente secondes.
Je me rappelle avec nostalgie la pub intégrée dans les Plouffe où Yves Létourneau vendait des Players. On en profitait pour aller réajuster la laine d’acier, mais on ne perdait pas le fil de l’histoire.
Je ne regarde plus les séries. Je les achète sur DVD et je les visionne en rafale. Je regarde le Banquier sur Illico. Wow ! Pas de pub, la sainte paix.
Mais un jour, ça va finir! Ils vont bien être obligés de trouver une autre façon de vendre leurs produits, tout le monde va être rendu sur Internet. Pis la téléhologramme doit s’en venir à grands pas, j’imagine.
Bref, en attendant le progrès, en attendant que l’actrice vienne jouer sa scène dans mon salon au-dessus de ma table à café, si j’veux, je zappe.
Je zappe quand :
* Commence une scène de poursuite. Ça élimine presque tous les films américains et les films québécois et français qui imitent les américains
* Quand apparaît une arme à l’image, à moins que ce ne soit le Vieux Fusil de Tavernier
* Quand avant la pause, on m’a montré tous les punch d’après la pause.
* Quand je vois du monde tout nu. J’suis pu capab’ de voir du monde tout nu à la télé. J’aime ça voir du monde tout nu quand moi je le décide et avec musique appropriée.
* Quand j’aperçois une pub, il y en a des pléthores et personne ne sonne l’alarme, où une «plorine», la nièce du boss probablement, fait la voix hors-champ vantant les produits dudit boss, son oncle, qui est à l’écran et se vante lui-même.
* Quand je tombe sur ces pubs des baignoires Premier Bathrooms: La gang de p’tits vieux tout habillés qui entrent dans leur baignoire-à-porte, pendant qu’ils sont doublés par les trois tantes séniles du concepteur de l’annonce.
--Je suis TRÈS HEUreuse de ma baignoire neu-VE !
--J’A-vais PEUR de TOM-ber
* Quand apparaît à l’écran une annonce de Whiska qui change de chat toutes les deux semaines parce qu’ils n'ont pas encore trouvé un bon acteur pour jouer le rôle.
Je zappe quand je vois Jean-Pierre Masson en Séraphin Poudrier vantant, 15 ans après sa mort, les mérites d’une marque de poulet. Quelle indécence ! Bravo les héritiers!
Devoir de chroniqueur
J’avais décidé de faire mes devoirs et de suivre scrupuleusement Occupation Double, pour ne pas dire de conneries le jour où je déciderais de donner mon humble point de vue sur la téléréalité.
J’ai tenu trois minutes et demie et j’ai zappé. Et cette fois, pas à cause de la pub. Je veux bien qu’elle ait le dos large, mais y a des limites!!!
En mal de voyeurisme, cette semaine je me suis rabattu sur Loft Story; tant qu’à regarder des niaiseries. Est-ce qu’on pourrait, pour le profit des lofteurs et de nos oreilles sensibles, engager un coach, en français, pour leur apprendre au moins à ne pas dire «quand qu’on» et «Ça l’a» . Mais que les producteurs ne paniquent pas: ces simples petits contrôles ne relèveront pas assez le niveau intellectuel de l’émission pour faire fuir le jeune spectateur. Il ne sera pas trop désorienté si on met en sous-titre les «Quand qu’on» et les «Ça l’a» agrémentés de quelques pictogrammes.
Quant à Marie Plourde, elle était tellement heureuse d’être là (elle nous l’a répété deux fois plutôt qu’une) que j’ai filé sur la pointe de la zapette. Je ne voulais pas déranger son fragile bonheur.
Guéguerre
Depuis bientôt un mois, tout le monde s’énerve avec le fait qu’ils programment le Banquier à la même heure que Guy A. On s’en fout. Ils vont se partager les 3 millions de téléspectateurs et ça va empêcher personne de dormir.