Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, entouré des porte-parole de la campagne «Homosexseul», René-Richard Cyr, Daniel Pinard et Dany Turcotte.
(Photo: Archives - Régent Gosselin)
Homosexualité et différences culturelles
Commission des accommodements raisonnables
Gai Écoute et son partenaire, la Fondation Émergence, ont déposé le 14 septembre dernier un mémoire à la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, dans lequel ils expriment une crainte raisonnable.
«Ce mémoire est inspiré, entre autres, par la conduite d’un groupe de discussion sur la question de l’orientation sexuelle mené par Léger Marketing, en 2001, pour le compte de la Fondation Émergence. Lors des discussions, un garçon d’à peine 14 ans expliquait aux autres jeunes de son groupe que l’on tuait les homosexuels dans son pays d’origine: cela lui paraissait normal!» relate Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, deux organismes de défense des droits des personnes homosexuelles.
Selon les positions des deux organismes, une crainte raisonnable, soulevée par l’homosexualité au regard des différences culturelles, incite les communautés gaie et lesbienne à proposer à la commission de prendre l’orientation sexuelle en considération dans le cadre de ses travaux.
«Le présent débat de société sur les accommodements raisonnables est né principalement du caractère religieux des différences culturelles. Or, les valeurs sur lesquelles se fondent les accommodements sont issues de doctrines religieuses homophobes qui condamnent ouvertement l’homosexualité, ce qui a inspiré le titre du mémoire: «Homosexualité et différences culturelles: une crainte raisonnable».
Des valeurs protégées
«Le mémoire rappelle que la liberté de religion et la liberté d’expression de son orientation sexuelle sont des valeurs protégées par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Les différences culturelles ne peuvent justifier une quelconque discrimination envers les personnes homosexuelles au nom de valeurs religieuses. Est-il utile de rappeler le débat sur le mariage gai?» s’interroge Laurent McCutcheon.
«Qu’arrivera-t-il le jour où, au nom de croyances religieuses et culturelles, certains citoyens réclameront des accommodements qui seront en opposition avec les droits des personnes homosexuelles? Tiré des exemples énumérés dans le mémoire, notons celui-ci: un centre de la petite enfance pourra-t-il, par exemple, refuser d’admettre un enfant de parents de même sexe en invoquant les valeurs religieuses d’autres parents?»
(M.J.-F.)
La Fondation Émergence et Gai Écoute demandent à être entendus par la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles. Le mémoire sera rendu public à la veille de l’audience devant la commission et sera disponible sur les sites...
www.gaiecoute.orgwww.fondationemergence.org
Pas dans mon dico!
Le mémoire invite aussi la commission à retirer le mot «hétérophobie» de son glossaire, puisque ce mot aura pour effet de banaliser l’homophobie. La peur des différences est un concept défini par la xénophobie. Il n’est donc pas nécessaire, comme le fait la commission, de lui trouver un synonyme qui prêtera à confusion. Dans le contexte social québécois, le sens commun amène à croire que si un homophobe est celui qui a peur des homosexuels, l’hétérophobe sera celui qui aura peur des hétérosexuels. Il s’agit là d’un non-sens!
(Photo: Archives - Régent Gosselin)