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Accommodements raisonnables
Qu’elles s’en mettent des voiles. Tout ce qu’on leur demande, c’est de ne pas aller voter voilées.
Pis là, parce qu’un épais nommé Mayrand (eh que je voudrais être son père, mais que j’aimerais pas être son fils); parce que ce taré «boke», on fait des commissions d’enquête, des lignes radiophoniques, des débats, des enjeux politiques, des mascarades, etc.
La femme arabe peut-elle aller voter voilée ?
J’peux-tu entendre parler d’autre chose ?
La révolution tranquille
Le matin de mes 13 ans, ma mère est venue me réveiller pour que j’aille à la messe.
Je lui ai annoncé deux choses qui allaient rester importantes toute ma vie:
J’dormais tout nu, pis j’allais plus à la messe. Elle haussa les épaules et retourna se coucher, elle n’y allait plus depuis 20 ans.
Le reste, c’est de l’histoire !
Le Québécois a sorti l’église de sa chambre à coucher.
Nous sommes les champions mondiaux de l’union libre. Nos églises sont transformées en condos, musées, halls d’entrée d’universités. On peut se réunir 500 personnes à poil sur l’esplanade de la Place des arts en se faisant tirer le portrait. Y a rien là !!! Youppi, vive la liberté !
J’pensais que c’était réglé. Que le crucifix était devenu un objet de collection. Que la religion n’avait même plus besoin des Cyniques pour nous permettre d’en rire, «pis v’là que su mon vieil âge je retourne à la case départ, pogné avec des intégristes de tout acabit».
On s’était débarrassé des bérets blancs, Raël on va finir par l'avoir, les statues ont arrêté de pleurer, pis l’armée de Marie a enfin été excommuniée.
On a comme un p’tit creux là!
Quin! Quin! On va se fendre en quatre et faire de l’aplaventrisme devant d’autres extrémistes; pis le pire, ils l’ont même pas demandé. Y a juste un épais à Ottawa qui a sorti sa grande braoule, pis qui a décidé de brasser d’la marde.
Petite anecdote en passant
Je voyage en Égypte. Je me fais conduire dans les bas-fonds où les rues sont de terre battue. Je m’installe à une terrasse pour dessiner, la pipe à chicha à la main.
Rapidement, une foule de jeunes gens (aucune fille, cela va de soi) m’entoure pour me regarder dessiner des sphinx, des pyramides…
Je continue en traçant la caricature de certains clients, je suis le roi de la soirée, on m’invite à l’intérieur, le patron du bistro me traite aux petits oignons: Les chichas se succèdent, les thés à la menthe sont versés avec de plus en plus de sparages, j’attire le client. De nouveaux jeunes envahissent le café, me réclamant des dessins. J’esquisse un vague chanteur rock armé de sa guitare. Émoi dans la place, je suis entouré des musiciens Rock du café d’à côté. Petites stars locales, ils commencent à percer, ils sont hot et sympa. Le party pogne !
Je dessine alors une danseuse de baladi, bien en chair, qui semble plaire énormément à une partie de mon public. Inconscient du danger qui me guette, je dessine une autre danseuse, mais cette fois les seins nus.
Tout le monde recule d’un pas, le thé à la menthe disparaît de la table ainsi que la pipe, une main m’attrape au collet (c’est mon chauffeur de taxi), je suis poussé sur le siège arrière, retour précipité au Caire. J’aurais pu me faire arrêter: On ne dessine pas de femmes nues en Égypte, je venais de commettre un gros péché islamique. Un représentant de Mahomet pourrait-il me donner l’absolution ? Serai-je traqué comme Rushdi ?
Je suis revenu de mes émotions en prenant une grande décision. Si je retourne en Égypte, je ne dessinerai plus que des sphinx et des pyramides. When in Rome…
montmorency