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Défendre les trésors du terroir

Guillaume Picard par Guillaume Picard
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Article mis en ligne le 16 septembre 2007 à 15:00
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Du cœur au ventre, une émission qui mettra en valeur les produits du terroir et de la campagne de chez nous. (Photo: gracieuseté Agence Goodwin)">Défendre les trésors du terroir
Gourmand des mots comme de la bonne bouffe, l’animateur Daniel Pinard reprend du service à la télé, cette fois-ci à Radio-Canada, dans Du cœur au ventre, une émission qui mettra en valeur les produits du terroir et de la campagne de chez nous. (Photo: gracieuseté Agence Goodwin)
Défendre les trésors du terroir
Daniel Pinard n’a jamais mâché ses mots. Fort en gueule, l’animateur de 65 ans reprend son droit de parole à Radio-Canada – après quelques années d’absence à la télé – pour communiquer sa passion pour la bouffe à travers un concept mettant en valeur les produits du terroir et la campagne de chez nous. Propos musclés et envolées verbales au menu!
Parce que notre terroir est riche, mais peu soutenu, Daniel Pinard veut aller rencontrer les producteurs alternatifs, ceux qui tirent le diable par la queue et se mesurent à un système érigé en véritable monopole, dit-il.

« L’émission Du cœur au ventre s’inscrit dans la continuité de ce que je faisais à l’époque de Ciel! mon Pinard. Je me suis rendu compte que la campagne était suprêmement intéressante et qu’il s’y passait des choses surprenantes qui méritaient qu’on en parle. Je me suis aperçu en même temps que les problèmes de la campagne étaient graves à l’époque et on sait qu’ils le sont davantage maintenant. Il est impératif qu’on s’en occupe. Les problèmes de la campagne ne sont pas dus au réchauffement climatique ou aux insectes ravageurs, mais bien aux politiques souvent aberrantes de nos gouvernements et de l’Union des producteurs agricoles. »

En entrevue dans son loft du Plateau Mont-Royal, où sera d’ailleurs tournée la portion cuisine de son émission, il note « que le Québec est le seul endroit au monde où une seule et même union défend à la fois les intérêts d’un producteur de vin et celui d’un producteur de porc. C’est insensé, surtout quand ceux-ci sont voisins. »

M. Pinard ne cache pas son mépris pour l’UPA et son président Laurent Pellerin, le « véritable ministre de l’Agriculture du Québec », dit-il. Pointant du doigt le syndicat agricole, il ajoute « qu’on ne peut pas à la fois défendre une agriculture industrielle d’exportation et une agriculture locale biologique. »
Défendre la production bio
L’animateur s’inscrit en faux devant le prétendu désintérêt des Québécois à l’égard du bio.
« C’est totalement faux! Il y a moins de production bio au Québec, parce que le système fait tout pour qu’il n’y en ait pas. Le monopole protège ceux qui sont déjà en place. On vit dans un monde totalement fou où, sous prétexte de contrôler le marché pour protéger les producteurs existants, on empêche la naissance de producteurs alternatifs qui feraient de la production biologique, par exemple, et on se laisse envahir par des produits venus d’ailleurs. C’est comme ça pour tout ce qui est sous le principe de la gestion de l’offre et je suis contre une gérance de l’offre appliquée à la con qui ne fait que protéger les riches! »

Daniel Pinard promet, oui, de ne pas y aller avec le dos de la cuillère quand un sujet le requerra, comme la distribution alimentaire, mais il veut aussi une formule où l’humour et la bonne humeur mettront en valeur son rire singulier: « Je pense qu’il est nécessaire de faire le lien entre notre assiette et la campagne, de telle façon qu’on comprenne une fois pour toutes que manger est non seulement un acte biologique, physiologique et culturel, mais aussi un acte économique et politique. L’émission va s’intéresser à des producteurs du terroir et chanter leur mérite à juste titre. Mais on ne se contentera pas dire que le fromage de madame une telle est très bon. On va essayer de comprendre les problèmes qu’elle a eus pour en faire. C’est immanquable, dès que tu trouves quelqu’un qui fait un produit qui a de l’allure, que tu lui poses deux questions, tu découvres à quel point on a tout fait pour le fourrer. »

Daniel Pinard dénonce aussi le fait qu’un enfant sur trois ne mange pas à sa faim dans une société où on s’alimente à une vitesse folle. Il veut expliquer aux gens comment se réapproprier le geste simple de cuisiner. « Se faire de la bouffe, c’est facile, ça ne prend pas un temps infini et ça engendre des économies. Ça permet, avantage certain, de savoir ce que tu manges. »

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