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L’enfant de la guerre

Article mis en ligne le 7 septembre 2007 à 7:00
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L’enfant de la guerre
André Montmorency vanmomo[:AC:]videotron.ca
L’enfant de la guerre
Je suis un enfant de la guerre. En fait, je suis né quelques mois avant qu’elle n’éclate.

Je n’ai pas de souvenirs précis de cette horrible période, sauf d’avoir entendu régulièrement le nom de Hitler. Un monsieur qui me faisait très peur, car il était le diable en personne.

Après la fin des hostilités, je reçois un cadeau exceptionnel: des jetons bleus percés d’un trou, coupons de rationnement devenus inutiles, mais une mine d’or pour un ti-cul de 6 ans qui veut bâtir un magasin général dans le fond de la cour. Les jetons deviendraient la monnaie nécessaire pour garnir la caisse enregistreuse…

Deux autres cadeaux allaient suivre: une grenade, déjà désamorcée il va sans dire, et un masque à gaz qu’un voisin avait rapporté des tranchées qu’il avait fréquentées. Coiffé de son masque protecteur, il me racontait les horreurs qu’il avait vécues. Sur le coup, ça m’a permis d’inventer un jeu.

Je lançais la grenade et j’allais me faire exploser à l’autre bout de la cour, masqué, étouffé, râlant de tout mon corps et toussant l’âme pour me libérer des gaz que l’on venait de me faire inhaler. Ce jeu ne fut pas répété. La nuit suivante, dans le pire des cauchemars, Hitler venait, armé de sa bombe atomique, s’emparer de mon magasin général constitué de boîtes d’oranges.
La hantise
Puis, ce fut la rentrée à l’école. De 6 à 16 ans, j’avais peur d’une troisième guerre mondiale et d’être appelé sous les drapeaux. J’étais même terrifié, à cause de la consonance de mon nom, qu’on me découvre des racines françaises et que je sois obligé d’aller faire mon service militaire. Je devenais objecteur de conscience, (j’avais 15 ans, je commençais à connaître Boris Vian) et je n’aurais qu’à dire que j’étais homosexuel. Je n’avais pas encore accouché de mon orientation, mais les premières douleurs commençaient à se faire sentir. Et dans l’armée, à cette époque, la moumoune n’était pas la bienvenue.

Je m’inventais aussi d’autres scénarii pour échapper à une éventuelle conscription. J’avais un vague mononc’ têteux qui avait fui l’armée pour rester caché sous les marches des escaliers de sa galerie pendant les deux dernières années du conflit.

Il était considéré partout comme un lâche, un traître à la patrie. C’était mon héros ! J’avais décidé de faire comme lui si un jour j’étais appelé à m’enrôler.
La guerre froide
Les années 50 arrivent. La peur de la bombe H. Les abris. J’avais le goût de m’en creuser un dans ma cour et comme le démon de la décoration commençait à pointer, je me préparai TOUT un abri.

La peur me lâche dans les années soixante-dix. Les guerres deviennent ciblées. Le nucléaire semble vouloir disparaître…L’Ange exterminateur arrive à Washington…

Et Kandahar nous tombe dessus.

Simon Longtin fait la Une avec «un cortège de victimes-chair-à-canon». De nouveau, la peur

comme à 15 ans pour tous les Simon Longtin de la planète.
À lire les dents serrées et le regard assassin

De kossé qu’on fait là ??? !!!%?$&*///666%$/*?



vanmomo@videotron.ca

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