Mickaël Bouffard, un jeune danseur Montréalais de 24 ans, résident du Plateau Mont-Royal, est en France actuellement pour parfaire un style musical encore peu connu ici, le baroque.
Sa passion pour le baroque lui fait traverser l'océan
(Sablé-sur-Sarthe) - À 24 ans, le Montrélais Mickaël Bouffard n'hésite pas à traverser l'Atlantique pour approfondir un art qu'il affectionne particulièrement, le baroque. @R:Dans les cours qu'il suit à l'Académie de danses et musiques anciennes de Sablé-sur-Sarthe, Mickaël Bouffard a l'occasion de parfaire ses mouvements et sa posture. Alors que la musique électronique s'impose comme la tendance de l'heure auprès des jeunes, l'art baroque, un mouvement artistique datant de la Renaissance, fait des adeptes dans plusieurs coins du monde. Une centaine de passionnés de danse et de musique baroque des 17e et 18e siècles étaient d'ailleurs réunis, du 16 au 26 août derniers, à Sablé-sur-Sarthe, une petite municipalité de la région de la Loire française comptant quelque 13 000 habitants, pour participer au Festival de musique baroque, qui est à l'aube de sa 30e année. Chaque fois, une centaine de personnes des quatre coins du globe s'y rendent afin de perfectionner leur art, qu'il s'agisse du chant, de la danse ou de la musique. « Il faut aller loin pour avoir un stage de haut niveau en danse baroque, croit Mickaël Bouffard, un jeune danseur Montréalais de 24 ans, résident du Plateau Mont-Royal. En France, où s'est principalement développée la culture baroque, il y a de grands professeurs de danse qui connaissent très bien le corps humain, les os, les muscles. Ils savent comment nous corriger », poursuit celui qui n'a pas hésité à traverser l'Atlantique deux ans de suite pour suivre des cours avec d'autres passionnés. « À Montréal, nous sommes très peu nombreux à pratiquer cet art. C'est très difficile de monter une chorégraphie. Ici, nous sommes plusieurs dans la classe, c'est plus intéressant pour danser une passacaille », ajoute-t-il. La passacaille est une danse populaire d'origine espagnole ayant notamment connu une popularité auprès de la noblesse européenne durant la période baroque. La passion de Mickaël pour la danse baroque remonte à son adolescence. Il a adopté ce style à l'âge de 16 ans, après avoir entendu un disque qu'un ami lui avait prêté. « J'écoutais cette musique et j'avais tout de suite envie de danser, alors que pourtant, je n'avais jamais dansé avant. Je me reconnais dans cette musique, explique le garçon, précisant que l'art baroque est un art de séduction, comportant toutefois une certaine retenue. C'est très raffiné », précise-t-il. Encore aujourd'hui, même si ses amis le taquinent parfois sur ses choix musicaux, il sa passion n'en est pas moins grande. Celle-ci ne se limite d'ailleurs pas à la danse. Il s'intéresse également à la peinture baroque. « On y retrouve beaucoup de jeux de contraste entre les ombres et la lumière. C'est très corporel comme art, dramatique et touchant », raconte celui qui amorcera, dès septembre, son doctorat en histoire de l'art à l'Université de Montréal, avec une spécialité en art baroque des 17e et 18e siècles. « J'ai trois années à faire encore à l'université, peut-être quatre, après quoi j'aimerais bien enseigner », conclut le jeune garçon, originaire de la Beauce.