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Barbie Expo

Photographies et mises en scènes

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Article mis en ligne le 12 août 2007 à 12:00
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Barbie Expo
Danilo Villaflor expose à la maison de la culture de Frontenac des photographies et des maquettes de poupées mises en scènes comme s'il s'agissait de modèles vivants et qui contribuent au questionnement de la société, de ses tabous et de sa violence. (Photo: Régent Gosselin)
Barbie Expo
Photographies et mises en scènes
La Maison de la culture de Frontenac abrite depuis le 15 juin et jusqu'au 26 août une exposition particulièrement originale et surprenante de Danilo Villaflor qui attire d'ailleurs beaucoup de visiteurs.
Pour sa première exposition en solo, Danilo Villaflor expose à la maison de la culture de Frontenac des photographies et des maquettes de poupées mises en scènes comme s'il s'agissait de modèles vivants. «Son travail crée un parallèle avec le célèbre mouvement POP ART», affirme le commissaire de l'exposition, François Cormier, qui souligne la ressemblance des créations de Danilo Villaflor avec «l'univers éclaté de la bande dessinée».

L'artiste explique que dans un premier temps, les poupées lui permettent d'«explorer le tabou des garçons jouant à la poupée». Enfant, il aimait jouer avec des poupées mais était surtout fasciné par le «sens du glamour» des barbies. Les poupées de l'exposition, photographiées ou mises en scène dans des maquettes, sont d'ailleurs habillées et coiffées par ses soins et ses créations rappellent beaucoup le monde de la mode et du show business.
La notion de jeu
Au-delà de la notion de tabou, Danilo Villaflor s'interroge sur « l'idée du jeu » et sa place dans notre société. Dans la salle d'exposition, son « autoportrait » concrétise cette interrogation; près de 2 000 photographies de poupées sont assemblées sous la forme d'un immense puzzle barré d'un grand «play» (jouer en français) en lettres capitales. Un hélicoptère, écrasé au milieu du puzzle semble avoir perturbé la mise en scène du puzzle et certaines pièces ont voltigé sur la gauche, formant un autre puzzle, plus petit et blanc, illustration du questionnement de l'artiste sur la notion de destruction et sur le monde contemporain.

«Mais l'autoportrait est un début, explique l'artiste; il s'agit du commencement du projet». Danilo Villaflor cherche en effet à aller plus loin pour «casser le conformisme de la société» qui sépare les garçons et les filles.

Il explique que dans notre société, les garçons peuvent jouer avec des poupées, comme les GI Joe, qui expriment la violence et la guerre, alors que les barbies, belles et non-violentes, sont réservées aux filles. L'artiste renverse donc dans l'exposition cette différence en travestissant des GI Joe en figures féminines, avec des robes et de longues chevelures, et en plaçant les barbies dans des situations de violence.
Des poupées pour exprimer la violence de la société
L'exposition présente dans une même salle, le studio 2, plusieurs photographies, l'autoportrait de l'artiste et neuf maquettes sous verre qui figent des scènes organisées d'une manière très cinématographique. Dans ces scènes, inspirées de différentes mythologies, au décor romain ou viking par exemple, des barbies et des GI Joe travestis illustrent la violence et les expérimentations du monde dans lequel nous vivons.

Danilo Villaflor ne se décrit pas comme un adorateur de barbies dans des vitrines, même si ses maquettes sont sous verre. Il s'est donné pour but de montrer «ce qui se passe dans la société» et considère la poupée comme un objet qu'il peut «manipuler» afin d'«exprimer des sentiments et [de] réagir à ce que nous voyons».

L'exposition de Danilo Villaflor mèle donc «des univers ludiques du monde des poupées à des paysages architecturaux hybrides et fabuleux», selon les mots de François Cormier, et contribue au questionnement de la société, de ses tabous et de sa violence.
L'exposition se tient au studio 2 de la maison de la culture de Frontenac, 2550, rue Ontario Est, jusqu'au 26 août. Elle est ouverte à tous du mardi au jeudi de 12 heures à 19 heures et le vendredi et le samedi de 12 heures à 17 heures. Plus de renseignements au: 514 872-7882.

(Photo: Régent Gosselin)

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