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De choses et d’autres

(Photo: archives) (Photo: archives)

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Publié le 21 Août 2012
Montréal Express
Publié le 21 Août 2012

Une chronique de Michel Vézina

Quatorze jours.
Plus que quatorze jours à cette campagne étrange où je me partage entre Montréal et la campagne. On dirait deux Québec tant les préoccupations sont divergentes.

Sujets :
Croatan , Mathieu , Québec

En ville, je rush sur les cris d’une voisine qui n’arrête pas de gueuler à ses enfants d’arrêter de gueuler : « VOUS DÉRANGEZ LES VOISINS! » Tellement envie de lui hurler de fermer sa gueule! Les bruits de la ruelle deviendraient si doux si les cris d’enfants pouvaient résonner de plus en plus fort.

À Croatan, les étoiles filantes sifflent de toutes leurs perséides, des ratons laveurs mangent les pommes des chevreuils, y’a trois veaux de ma voisine qui se sont sauvés en mai, qui rodent et qui sont redevenus sauvages en devenant des bœufs, cet été. Sont gras comme des voleurs et aussi farouches que des chevreuils.

Mangent les pommes, eux aussi. Ma voisine rushe. Elle sent l’été qui se lasse et l’encan qui arrive. Si elle pouvait au moins mettre ses bœufs dans un camion. L’encan ou l’abattoir : à 1000 livres du bœuf, paraît que le prix est bon cette année.

Microcosme d’une campagne électorale bruyante, mais dont le bruit ne résonne pas de la même manière d’un côté ou de l’autre de la vie.

Médias trads, réseaux sociaux, vraie vie, j’ai l’impression d’assister à une campagne qui n’est pas la même selon à quelle source d’info je m’abreuve. Deux visions d’un même monstre : spectacle, spectacle… Et la vie. La vraie vie.

Dans la ville et dans les bois, deux campagnes se jouent.

Une heure, samedi soir, à essayer de deviner pourquoi la chain saw de Mathieu ne démarre plus. Pauv’ Mathieu, tout juste arrivé de sa première semaine de prof de Cégep depuis… Il avait une telle envie de se défouler… boire du whisky et parler de la vie.

Au Québec, il est devenu plus payant d’être concierge que travailleur agricole.

En sommes-nous rendu à accorder plus d’importance au ménage qu’à notre survie alimentaire?

Vous savez, la bouffe, ça pousse pas dans des ti-sacs en plastique propres, propres, propres.

Il n’y a plus de terre ni sur nos bottes ni sur nos carottes. Le concierge balaie la poussière dans le plastique de nos indifférences. Nous vivons une campagne de salissage trop propre.

Et les bœufs risquent de se faire tirer, l’automne venu.

 

Voter

Je suis en campagne et je pense à mon vote de ville.

À côté de mon panneau solaire, je fais flotter un drapeau noir. Ça donne une idée.

Je ne devrais pas voter : j’ai presque toujours annulé, sauf aux deux référendums (j’ai voté pour la première fois de ma vie le 20 mai 1980). J’assume mon statut de citoyen vivant en démocratie en me déplaçant au bureau de vote à chaque élection, mais je bousille mon bulletin : j’ai presque toujours voté pour tout le monde. Ou pour personne, c’est selon.

Je ne devrais pas voter parce que je n’y crois pas. Ou si peu. Pas dans ce contexte-là. Je ne crois pas à l’idée de donner mon pouvoir à un individu qui le donnera à son parti qui s’appropriera mon « x » – mon pouvoir – et en fera ce qu’il voudra.

Je ne suis pas dupe.

Je voudrais voter à main levée pour qu’on se montre la face. Le vote tel qu’on le pratiquera le 4 septembre ressemble trop à une lettre anonyme, une lettre couarde, un mot de peureux.

Je ne devrais pas voter mais je vais le faire. Je vais le faire parce que c’est la seule manière mise à ma disposition pour ME débarrasser de Johnny James CH. Oui, pour M’EN débarrasser… Pas NOUS en débarrasser. Le vote est un geste citoyen posé par rapport à sa propre conscience.

Je vais voter et je ne voterai pas Libéral. Je ne veux plus des libéraux. D’instinct, de nature, de conviction, je voudrais voter QS, même s’ils sont trop absents de mon comté de campagne… mais ce n’est pas là que je vais voter, anyway.

Ils ont bien un candidat, un enfant qui essaye d’expliquer le monde avec des mots qu’on lui a mis dans la bouche et qu’il arrive péniblement à bafouiller et que personne n’entend, de toute manière.

Un poteau en forme de perroquet. Invisible.

Dans mon comté de ville, la députée libérale n’est passée que par 2000 voix en 2008. Je devrais voter PQ.

Stratégique

J’ai un peu honte à mon anarchie. Et aussi à ma gauche.

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