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La faim du monde - Prélude

Bob le chef

Bob le chef

Publié le 5 Septembre 2012
Montréal Express
Publié le 5 Septembre 2012

Une chronique de Bob le Chef

Au moment d’écrire ces lignes, je reviens tout juste du bureau de scrutin pour y faire mon devoir de citoyen. Comme bon nombre de Québécois, je ne suis pas le seul dont l’appétit politique s’est aiguisé au cours des derniers mois. Comme ceux-là, j’avais hâte de passer au dessert...
 

Pourtant, ce que nous a servi le parti au pouvoir au cours de son dernier mandat n’avait rien de très ragoûtant. En plus des vieilles recettes et du réchauffé habituel, se sont ajoutés au menu des plats aux saveurs corrompues et aux arômes nauséabonds, dont les épousailles avec le pot de piquette maison laissent un arrière-goût fort désagréable en bouche. C’est à mots à peine couverts qu’ils nous ont dit de manger de la marde... Et du poivre.

Mais, malheureusement pour vous, monsieur le chef, l’appétit vient en mangeant. Et bien que vous ayez toujours soif, quant à nous, c’est aujourd’hui que l’heure est venue de régurgiter. Sentez-vous la soupe chaude ? Ne faites pas semblant. Qu’est-ce que ce corps étranger de nature capillaire à la surface ? Un cheveu ou un poil ? 

Partisanerie politico-culinaire à part, quand on y pense, manger c’est comme voter. À la différence que personne ne peut s’abstenir.

Après nous, le déluge...

Comme pour le droit de vote, manger à sa faim n’est malheureusement pas à la portée de tout le monde. En ce sens, ils ont été plusieurs, ce printemps, à reprocher aux étudiants en grève de se plaindre le ventre plein. À ceux-là je répondrai, faut-il vraiment vivre la famine et voir nos droits fondamentaux bafoués pour espérer un monde meilleur pour les générations futures ?

À notre époque où le capitalisme agressif fait rage et que sa complice, la mondialisation, gagnent de plus en plus de terrain, les choix, tant de sociétés qu’individuels, que nous faisons par rapport à nos habitudes de consommation, influencent plus que jamais le sort de l’humanité tout entière. Comme on dit, “pour bien se porter, il faut rester sur son appétit”. Car chaque jour où l’on mange individuellement au-delà de notre faim, nous rapproche de la fin collective du monde le lendemain. C’est particulièrement navrant quand on sait qu’il y en a assez pour tout le monde, mais que certains en manquent parce que d’autres ont trop d’appétit... 

Comme pour le droit de vote, manger à sa faim n’est malheureusement pas à la portée de tout le monde. En ce sens, ils ont été plusieurs, ce printemps, à reprocher aux étudiants en grève de se plaindre le ventre plein. À ceux-là je répondrai, faut-il vraiment vivre la famine et voir nos droits fondamentaux bafoués pour espérer un monde meilleur pour les générations futures ? -

Certains dénoncent ces injustices, d’autres s’en lavent les mains. Comme toute bonne chose a une fin, et que de toute façon, le meilleur est passé, alors aussi bien profiter de ce qui reste. Non ? Pourquoi se priver pour son prochain ?

En effet, bien que ça puisse sonner extrêmement égoïste, il est vrai que si on passait notre temps à appréhender la fin, on ne prendrait plus le temps de vivre... Or, comme l’a déjà dit René Lévesque a un peuple tranquillement affamé d’autodétermination, “on verra bientôt que d’oser vivre, ce n’est pas la fin du monde. Juste d’un monde.”

D’ici là, s’il existe un juste milieu sur cette Terre et qu’on aspire à y arriver tous ensemble en même temps, j’aime penser qu’on doit commencer par le début, c’est à dire par la faim.

La suite dans la chronique d’octobre...

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