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Le contenant versus le contenu

(Photo: gracieuseté) (Photo: gracieuseté)

(Photo: gracieuseté)

Publié le 9 Août 2012
Montréal Express
Publié le 9 Août 2012

Une chronique de Bob le Chef

Quand j’étais petit, pour être « cool » dans la cour d’école, c’était plus important de quoi avait l’air ta boîte à lunch que ce qu’il y avait dedans. Les formes étaient sensiblement toutes les mêmes. Ce qui comptait c’était l’effigie. Au risque de trahir mon âge, la mienne était aux couleurs du groupe rock Kiss...
 

Sujets :
Québec

Habituellement je trouvais à l’intérieur un sandwich pain brun au beurre d’arachides --car ma mère me racontait que je pouvais m’empoisonner si je mangeais des charcuteries et de la mayo quand il faisait chaud--, une petite boîte de raisins secs «Sun Maid» avec la petite madame sur le logo, une banane, un jus en boîte et une fois sur trois un mini sac de croustilles. Pas de chocolat pour moi, j’étais hyperactif. En plus, au service de garde, on nous offrait un berlingot de lait, alors je me retrouvais avec un dîner quasi complet.

30 ans plus tard, le futur est sensiblement comme je me l’étais imaginé. Je suis déçu qu’il n’y ait toujours pas de chars volants. Sauf qu’on peut se voir dans nos téléphones portables, on peut cuire un hot-dog en une minute et les prédictions de Nostradamus se concrétisent. Mais qu’en est-il de l’évolution de la boîte à lunch?

Force est d’admettre que la technologie quant au contenant comme tel n’a pas beaucoup progressé. Nouveaux matériaux synthétiques, mais pas de grandes avancées au niveau pratique. Le thermos demeure tout aussi inutile que le « icepak » est un « must ». Quoiqu’encore ici, très peu d’innovation. C’est ce que l’on met dans notre boîte à lunch qui a le plus changé au cours des 30 dernières années. Mais, est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?

Il va sans dire que les habitudes alimentaires des Québécois ont beaucoup évolué depuis les années 80. Les sushis ne sont plus réservés aux yuppies et la variété de produits disponibles sur nos tablettes d’épicerie a littéralement explosé. On prend de plus en plus conscience de ce que l’on met dans notre bouche et d’où ça provient, tout en ayant en tête tant notre propre bien-être que celui de notre planète.

Pourtant, malgré l’abondance de produits frais et nouveau, quand vient le temps de se faire un lunch, nombreux sont ceux qui manquent d’imagination et s’en remettent à des produits préparés en usine, bourrés d’additif chimiques et d’agents de conservation. Sans parler des emballages. Alors qu’on prône de plus les contenants réutilisables dans nos écoles, les fabricants continuent la course au suremballage, et nous les cons, on trouve ça donc pratique et on achète.

Ce ne sont pourtant pas les bonnes intentions qui manquent. Quand on leur demande quel est le plus gros obstacle à une meilleure alimentation, la majorité des Québécois répondront que c’est le manque de temps. C’est le prix qu’on paye pour tout ce progrès. Il nous gruge. En effet, se faire un lunch avec bonne conscience de nos jours, ce n’est pas tâche facile. Encore moins pour un parent.

D'abord, il y a toutes ces restrictions de l’école ou du service de garde à cause des multiples allergies et intolérances alimentaires dont sont affligés nos enfants. Qu’est-ce qui s’est passé depuis les années 80 pour que les « peanuts » deviennent une telle menace ? Avec le plan B #1, le sandwich au beurre d’arachide et confiture qui vient de prendre le bord, beaucoup de parents ont dû se creuser la tête…

Ensuite, il y a toutes les restrictions par rapport à l’emballage des produits, qui bien que très défendables, peuvent aussi causer des maux de têtes aux mêmes parents qui l’ont déjà creuse à cause du beurre de «peanuts».

Des solutions ? Heureusement, il y en a. Et plusieurs d’ailleurs. S’il est une chose qu’on retrouve en plus grande quantité que jamais au Québec de nos jours ce sont les livres de cuisines et sites Internet de recettes. La preuve; ils m’ont même demandé à moi d’en faire!

 Ensuite il s’agit d’être imaginatif et d’essayer des nouvelles choses afin de diversifier son menu. J’aime penser que le nerf de la guerre quand vient le temps de se préparer un lunch, demeure savoir bien récupérer ses restes. Et pour cela, l’élaboration d’une bonne liste d’épicerie et le fait d’avoir toujours sous la main une bonne gamme d’ingrédients de base demeure la clé.

À propos, s’il y a une chose que tout ce progrès technologique des 30 dernières années aura eu de bénéfique sur ma boîte à lunch finalement, c’est que depuis que je fais ma liste d’épicerie sur mon téléphone intelligent, je ne l’oublie plus sur le comptoir de cuisine parce que je suis trop pressé. Malheureusement, il n’y a pas encore d’application téléchargeable pour ne pas oublier mon lunch…

Quant à la boîte à lunch de mon petit Elvis, je lui ai déniché au Labyrinthe sur St-Catherine. Une «Love Gun » de Kiss. Elle a coûté légèrement plus cher que celle que j’avais en 79, mais au moins je suis sûr que lorsqu’il sera rendu à la petite école, il sera sur le bon chemin.

En terminant, voici une suggestion de recette de salade composée classique qui contient presque tout ce dont tu as besoin pour vivre, que ce soit une bonne ou une mauvaise journée.

 

Salade Waldorf sur le pouce

2 pommes tranchées

250 gr de tes noix favorites

100gr de fromage cheddar coupé en cubes

2 bâtonnets de céleri tranchés mince

50 ml de mayonnaise

30 ml d’huile d’olive

Le jus d’un demi citron

Sel, poivre au goût

-Mettre tous les ingrédients dans un bol avec un couvercle hermétique, bien «shaker» le tout et déguster!

 

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