L'institution espère ainsi amasser la coquette somme de 10 000 $.
« L'argent va servir à conserver nos ressources. On a un animateur jeunesse et si on ne trouve pas d'argent d'ici décembre, on ne pourra pas le garder. Même chose pour notre animateur qui œuvre auprès des aînés », explique Lorraine Decelles, coordonnatrice à la Maison d'Aurore.
Selon elle, c'est la qualité des services offerts qui est directement menacée.
« Il faut non seulement que l'on continue à offrir des services, il faut surtout que l'on continue à avoir du temps pour les gens. Ça fait en sorte qu'ils se sentent parties prenantes d'une communauté. On veut qu'ils reprennent pouvoir sur leur vie, qu'ils soient plus forts et plus solides ».
Les besoins dans le secteur sont criants, notamment en raison du vieillissement de la population, de la proximité des Habitations de Lanaudière – un complexe d'habitation à loyer modique (HLM) – et de l'apparition de poches de pauvreté. Pour répondre à ces différentes clientèles, l'organisme a choisi d'offrir une panoplie de services.
« Il faut rendre visible le travail qu'on fait. Ce côté multi, les gens le voient moins. Ça fait en sorte que c'est un concept plus difficile à vendre. On œuvre auprès des aînés, des jeunes et des familles, on fait des cuisines collectives, de l'aide aux devoirs; mais notre objectif principal est de réunir les gens pour les rendre solidaires », soutient-elle.
Conjoncture actuelle
Si les problèmes de financement des organismes communautaires, de manière générale, ne sont pas nouveaux, ils sont accentués par la « conjoncture actuelle», estime Mme Decelles.
« Dans les dernières années, nos subventions ont été gelées. Ça ne reflète pas notre réalité, car nos coûts opérationnels (loyers, salaires, denrées, etc.), eux, augmentent.
« Un de nos gros enjeux, c'est la relève; si on veut la conserver, il faut lui offrir des salaires décents, des régimes de pensions et des assurances. Il faut vraiment conserver nos ressources », plaide-t-elle.
Un milieu solidaire
Ne pouvant demander à ses membres de pallier le manque financier à gagner, la Maison d'Aurore a cherché à recruter de nouveaux donateurs, plus aisés. Elle s'est donc tournée vers la communauté d'affaires, qui a répondu à l'appel.
La porte-parole de l'événement, Laurence Frenette, n'a pas hésité à endosser cette cause qui lui tient à cœur.
« Quand on m'a appelée, j'étais en pleine ouverture de mon restaurant, j'étais débordée. Mais avec Jean-Philippe (son partenaire d'affaires), on s'est dit que ça nous ferait du bien de faire quelque chose du genre. Quand j'étais jeune, j'ai fréquenté des lieux comme ça. Je me suis tout de suite sentie interpellée », confie la jeune femme.
Dans les locaux de la Maison D'Aurore, elle s'affairera derrière les chaudrons, aidée par une équipe de bénévoles, pour préparer un festin pour une soixantaine de convives.
« On va s'avancer un peu dans notre resto, car ici, ce n'est pas une cuisine professionnelle. C'est l'fun que l'on fasse ça dans les locaux de la Maison D'Aurore, avec des assiettes dépareillées. C'est significatif », soutient-elle, prête à relever le défi.
Le souper-bénéfice se tiendra le 19 novembre, à 18 h, dans les locaux de la Maison d'Aurore (4816, rue Garnier). Les billets sont en vente au coût de 150 $ au 514 527-9075 ou au info@maisonaurore.org. Quant à la chef Laurence Frenette, on peut la retrouver à son nouveau restaurant Le Chasseur (3882, rue Ontario Est).

