Tasse toé mon’oncle !

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Quand il est question de barbecue, comme pour le reste des activités estivales qu’il n’a la chance de pratiquer seulement que quatre mois par année, le Québécois moyen se donne à fond. Toute une culture est liée à ce mode de cuisson pourtant si rudimentaire. Tout un rituel, qui on ne se le cachera pas, est souvent empreint de testostérone... S’il est une bonne raison de se réunir, le barbecue sous sa forme “d’événement”, est aussi souvent l’occasion de jouer à qui pisse le plus de BTU et comparer la longueur d’un steak à l’épaisseur de celui qui le consomme.

(Photo: Thinkstock)

Sans vouloir commencer un débat, le barbecue est-il une affaire de mâle au Québec ? S’il l’est, je dirais plutôt que c’est une affaire de mon’oncle... Et, comme pour le reste des activités estivales que le Québécois moyen n’a la chance de pratiquer seulement 4 mois par année; un excellent prétexte pour boire de la bière.

On dénonce souvent la “matantisation” des médias, alors je me permets de m’offusquer devant la “mononclisation” du grill ! Parce que depuis le début de l’Anarchie Culinaire, j’ai à coeur l’idée de retourner la galette de la transmission du savoir afin de mieux se l’approprier, c’est dans cet esprit que je vous propose mon palmarès des choses à ne pas faire et des bonnes techniques à adopter autour du grill, intitulé; tasse toé mon’oncle.

Décrassons d'abord sous la housse en écartant les façons de se brûler les sourcils, qui auraient pu facilement être évitées par un minimum de bon sens. Comme ajouter de l’essence sur un grill déjà allumé, ou vouloir souligner le début de l’orgie, avec la face au dessus du grill, valve de gaz au maximum, armé d’un briquet BIC... Loin de moi l’idée te prendre, cher lecteur, pour un abruti. Mais si vous étiez mille à vous rendre jusqu’à ces lignes, les statistiques prouvent qu’il y en aurait au moins un qui aurait appris quelque chose qui pourrait dramatiquement changer sa vie au début du paragraphe.

Cela dit, si on commence par la base, qu’il soit Padawan du grill ou Jedi, la force le guidera à ne jamais quitter son poste et de veiller à la briquette. On ne compte plus le nombre de fois où des rangées de saucisses entières ont été ruinées au profit égoïste d’un coup de pétanque, de poche, de fer ou une bière de trop. Le mot d’ordre est : concentration.

Autre conseil de base: ne jamais jeter quoi que ce soit dans le feu ! Un barbecue n’est pas un feu de joie. J’ai déjà vu quelqu’un y botcher sa cigarette. Inutile de dire que je me suis contenté de la salade cet après-midi-là.

Ensuite, si tu cuis sur un barbecue à briquettes, tu dois t’assurer d’avoir une belle braise avant de débuter la cuisson. La braise encore noire produit moins de chaleur et plus de fumée, ce qui pourrait donner un mauvais goût à ton buffet. Tu veux surtout que les produits chimiques, que contiennent souvent les briquettes de charbon pour faciliter leur combustion, soient réduits en cendres.

Quand le feu est à ton goût, ne viens pas fou. N’essaie pas de cuire tout d’un seul coup. Certaines viandes prennent plus de temps que d’autre pour être à point. Règle générale, tu veux cuire ta papillote de légumes en premier, la réserver sur la surface la moins chaude, puis quant à la viande, commencer par le poulet et le porc, puis ensuite l’agneau et le boeuf. Sur le grill, comme en cuisine, on différencie un pro d’un amateur par son sens du timing.

Cela dit, si on commence par la base, qu’il soit Padawan du grill ou Jedi, la force le guidera à ne jamais quitter son poste et de veiller à la briquette.

Avant de la placer sur le grill, laisse ta viande tempérer. Surtout si tes invités aiment leurs steaks saignants, une bonne heure à température de la pièce favorisera leur cuisson. Combien de fois j’ai vu des gens mettre leur viande sur le grill directement à sa sortie du réfrigérateur en se disant que c’était plus sanitaire... Évidemment, ne laisse pas ton poulet entier mariner au soleil pendant un après-midi avant de lui mettre la canette de bière au cul, car tu risques un grave empoisonnement alimentaire.

Quand la cuisine n’est pas trop loin entre le salon et le patio, la précuisson de certains aliments, avant de les sacrer sur le feu, peut aussi aider beaucoup. Si j’ai l’occasion, je prends toujours la peine de blanchir mes saucisses (quelques minutes à l’eau bouillante) avant de les saisir sur le grill. Tu te demandes pourquoi tes côtes levées sont sèches “comme le criss” ? C’est très simple, tu dois les braiser au four avant de les terminer sur le le grill. Une mirepoix (oignon, céleri, carotte coupées sommairement), un peu d’eau et une bière dans une lèche-frite au four à 300F, jusqu’à ce que la chair se détache facilement de l’os avec une fourchette. Une bonne sauce barbecue maison, et le tour est joué...

Finalement, dès que tu la déposes sur le grill, ta viande gagne à ne pas être dérangée. Inutile de la bouger et de la tripoter. De pression sur ta galette de burger tu n’exerceras guère ! Plus tu la manipules plus elle sera sèche. Si elle colle au grill c’est qu’elle n’est pas encore saisie. Elle ne devrait pas être retournée tant qu’elle offre de la résistance. À sa sortie du feu, laisser la viande reposer à couvert avant de servir. Ainsi, les gras, qui se sont liquéfiés durant la cuisson, figent et la prise est plus juteuse en bouche.

Surveilles ton mon’oncle la prochaine fois qu’il fait son spectacle au dessus du grill, tu pourrais lui apprendre quelque chose...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieux géographiques: Québec

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