J’étais comme un poisson dans l’eau. Je m’y suis immédiatement sentie chez moi parce que je pouvais être moi-même sans réserve, ce à quoi je n’étais pas habituée dans ma petite ville natale ou tout comportement le moindrement hors-norme suscitait méfiance et médisance. J’aimais le Plateau pour son effervescence culturelle, pour sa beauté historique, pour son nightlife trépidant, pour ses friperies et ses petits cafés. J’aimais cette ambiance qui emplissait mes sens de musique, de saveurs et de flânerie. J’aimais les habitants du Plateau pour leur ouverture d’esprit et leur diversité, pour leur curiosité manifeste et contagieuse, pour leur dégaine zen et leurs styles bigarrés. J’avais trouvé MA ville.
J’y ai vécu jusqu’en 98, après quoi j’ai expérimenté l’amour, la campagne, les voyages, la maternité... jusqu’à éventuellement migrer à nouveau en plein centre urbain, façon West Coast - tout un contraste!
J’ai donc vécu à Vancouver de 2003 à 2009. Downtown, carrément. Au bord de l’eau, avec vue sur les montagnes, la carte postale, tout ça! Résider au coeur de cette ville superbe au climat clément fut une expérience déterminante, qui a beaucoup influencée ma façon de penser, de vivre. Je me considère privilégiée d’avoir pu offrir à mes filles une petite-enfance fleurie au bord de la mer. Il est vrai que cette petite métropole a quelque chose de paradisiaque, et je serai toujours ravie d’y retourner en voyage. Pourtant, malgré toutes ses qualités, elle n’est pas capable d’autant de chaleur humaine que Montréal. Vancouver se laisse bercer par l’océan sans trop faire de vagues. Une ville tranquille. On y perçoit rarement des étincelles dans l’air. Le calme au beau fixe. Certaines personnes adorent ça, mais moi, ça m’ennuie. C’est ainsi qu’après sept belles années passées entre océan et montagnes, j’ai choisi de revenir vivre ici, parce que l’énergie des montréalais et sa trépidante vie culturelle me manquaient. C’est une question d’appartenance, de contrastes, de culture. De Montréal, j’aime les quatre saisons, les imperfections, la joie de vivre dans la tempête comme dans la canicule. De Montréal, j’aime l’aspect un peu tout croche, hétéroclite et pourtant si harmonieux.
Serez-vous étonné d’apprendre que j’ai élu domicile à deux coins de rues de mon appart de 1995? Bien sûr, le Plateau a changé: moins de jeunes et d’étudiants, plus d’habitants-propriétaires. Si on y remarque une gentrification considérable, différentes classes sociales continuent de s’y côtoyer, et c’est tant mieux. Moi-même, n’ayant plus 20 ans, j’ai investi dans un duplex et je l’ai rénové pour en faire un cottage familial - tandis que plusieurs de mes voisins sont locataires. Les habitants du Plateau, même s’ils ont un peu vieilli, sont encore à l’affut, sont encore ouverts d’esprit, et font toujours le party. Ils aiment encore la diversité. Ils accueillent à bras ouvert les anglos et les Parisiens, les latinos et les banlieusards. Ils continuent d’animer le quartier grâce à leur intérêt pour la vie culturelle.
Sur le Plateau, je me sens encore comme un poisson dans l’eau. Parce que son charme authentique me stimule. Parce que les lieux sont riches en histoire et en architecture. Parce qu’on y mange bien. Parce qu’il fait bon y vivre en famille, et que j’aime voir mes enfants s’imprégner de son ouverture et de sa multiplicité. Parce que j’y suis attachée. Parce que... c’est ici, chez moi!

Propriétaires d'entreprise SONT les résidents! Ils souffrent est le Plateau perdre des emplois ET des residents. Il n'ya pas de guerre, sauf celui de Projet Montréal, qui veut une fausse guerre pour les fins politiques.