Mes deux enfants, qui ont passé leur petite-enfance à Vancouver, aiment aussi s’amuser à décortiquer ces différences. Ça a commencé lorsqu’on venait au Québec en vacances. Je me souviens, un été, nous étions venues passer quelques jours en à Montréal. Le premier soir, je les amène souper sur la si jolie rue Laurier, aux alentours de la rue Fabre. C’était soir de vidanges. Elles ont toutes deux eu une réaction assez forte devant cette vision malodorante: «Maman, c’est dégeu, ça pue! Pourquoi tous ces sacs de poubelles devant les maisons?»
En effet... Marcher sur la rue les jours de collecte des ordures, pour moi, est terriblement affligeant. Si ça l’est pour moi, j’en déduis que ça doit l’être pour d’autres aussi! L’odeur est répugnante, les sacs noirs enlaidissent et salissent les trottoirs, les écureuils foutent le bordel là-dedans... bref, rien de plus efficace pour défigurer une rue charmante et miner son ambiance.
Je ne sais pas quel est le problème de notre côté de l’Atlantique quant à la gestion des ordures, mais de passage dans la Grosse Pomme cette semaine, je remarque que les Newyorkais ont la même désastreuse façon de gérer les poubelles que les Montréalais, c’est-à-dire: les laisser choir le long des rues, au soleil, au détriment des piétons. Depuis mon retour de Vancouver, il ne se passe pas une seule semaine sans que je sois rebutée et exaspérée par ce phénomène.
Pourquoi ça m’exaspère, alors que c’est un mal nécessaire, me répondrez-vous peut-être? Parce qu’il y a d’autres moyens de récolter les ordures, et Vancouver en est un exemple éloquent. Là-bas, jamais vous ne verrez de sacs de poubelle sur la rue. Chaque ruelle est dotée, à chacune de ses extrémités, de gros conteneurs à déchets avec couvercles rétractables. Pas besoin d’attendre le jour de collecte pour aller y déposer ses sacs. Le camion à benne passe deux à trois fois par semaine et ramasse le tout. Voilà, c’est tout simple, et les citoyens peuvent marcher en toute quiétude le long des rues chaque jour de l’année sans avoir à se boucher le nez.
Je ne sais pas quelle serait la solution appropriée pour Montréal, mais il me semble absolument primordial de se pencher sérieusement là-dessus afin de trouver une alternative. Ce ne serait pas bien difficile de faire mieux! La première étape consiste sans doute à prendre conscience de cette aberration et de ne plus trouver normal de vivre parmi les ordures. Peut-on se mettre d’accord là-dessus?
