L’exercice s’en veut un de sensibilisation, de vulgarisation et de consultation publique. Jusqu’au mois de septembre, les citoyens pourront « faire leur propre budget » sur la plateforme budgetplateau.com. Ils auront alors la possibilité de faire connaître leurs priorités aux élus en choisissant d’investir davantage dans un secteur, en effectuant des coupes dans un autre, ou en choisissant plutôt d’augmenter les revenus locaux de l’administration locale, en imposant une taxe spéciale, en haussant le prix des vignettes ou en augmentant le nombre de parcomètres, etc. Impossible pour les répondants de soumettre leur budget si celui-ci est déficitaire.
« Tout n’est pas là, on a mis les secteurs d’activités compressibles, ainsi que ceux que les résidents pourraient vouloir bonifier. La nouveauté cette année, c’est qu’on donne la possibilité aux gens de nous dire où aller chercher des revenus locaux supplémentaires », a indiqué Richard Ryan, conseiller d’arrondissement pour le district Mile End et co-animateur de la soirée de consultation publique.
« La démarche n’est pas aussi ouverte que je le souhaiterais. Il s’agit d’une sensibilisation au budget, tout en essayant d’être le plus transparent possible. C’est le plus loin que l’on peut aller, car le budget est appelé à être modifié en cours d’année, notamment en raison du déneigement. C’est difficile de faire un suivi budgétaire. Par contre, on veut vous donner une information la plus détaillée possible pour que vous puissiez voir ce qui se passe si on ajoute 10 poubelles ou si on ferme une piscine », a fait valoir le maire de l’arrondissement et co-animateur, Luc Ferrandez.
Il a aussi annoncé qu’un budget participatif pour gérer l’argent des parcomètres pourrait éventuellement voir le jour.
Citoyenneté participative
L’an passé, près de 500 répondants ont complété le formulaire, tandis que 5000 visiteurs possédant des adresses IP (empreinte digitale de l’ordinateur) différentes ont consulté la plateforme. Grâce aux modifications apportées à la formule cette année, l’arrondissement souhaite augmenter de façon significative la portée de l’exercice.
« Il va falloir viser d’autres milieux. Puisque c’est sur le web, on va chercher beaucoup de jeunes. Il faudrait solliciter les directions de résidences pour personnes âgées et organiser des activités avec les ordinateurs pour sonder cette population », a fait valoir M. Ryan.
Néanmoins, il soutient que le processus de sensibilisation citoyenne commence à porter ses fruits, et qu’il le constate lors des séances du conseil d’arrondissement.
« Je le vois au conseil par le niveau des interventions des citoyens. Ils sont des plus en plus au courant de ce qu’est un programme triennal d’immobilisations (PTI), une dotation et du partage de responsabilités entre l’arrondissement et la Ville-centre. Déjà, le fait de venir au conseil est un pas permettant d’enclencher l’exercice de sa citoyenneté. Le budget, c’est primordial. Si tu le comprends, tu peux le critiquer d’une façon plus structurée », estime le conseiller.
Résultats et portée
Les tendances qui ressortent de cet exercice devraient être dévoilées à l’automne, au début du mois de septembre, soit avant l’adoption du budget à la fin octobre. Questionné à savoir comment ces résultats seraient présentés, M. Ryan a indiqué qu’il l’ignorait encore.
« Le défi est de donner un topo de ce qui s’est dit. On va montrer les différentes tendances et mentionner ce qui s’est dit », s’est-il contenté de répondre.
Quant au poids qui sera accordé à l’opinion citoyenne dans les choix budgétaires qui seront faits, M. Ryan a indiqué que les élus « regarderaient ça sérieusement ».

