Impossible d’aborder la question du développement économique du Plateau-Mont-Royal sans parler des commerces. Depuis deux ans, les propriétaires de boutiques se disent à la fois victimes de la crise économique mondiale, des nombreux chantiers de construction – notamment sur l’avenue du Parc –, des mesures d’apaisement de la circulation ainsi que de la hausse des tarifs des parcomètres.
« Une administration a vraiment peu de moyens pour soutenir son économie. Ce n’est pas du je-m’en-foutisme. On doit se résoudre à accepter la situation. C’est le cas de la rue Prince-Arthur, qui jamais plus n’aura des restaurants offrant 200 places assises et servant le même type de nourriture que l’on peut retrouver partout à Montréal. Même si on organisait des festivals toutes les semaines, il y a des données économiques qui nous échappent.
« Il faut arrêter d’aller à contre-courant et travailler davantage sur les gains naturels. Le Plateau est l’un des quartiers les plus intéressants au monde. Ce n’est pas le plus beau, ni le plus branché, mais il a une personnalité qui a du sens pour plusieurs petits entrepreneurs. Le Plateau n’a rien à envier aux villes de San Francisco, Boston et Washington. Il faut miser sur son potentiel d’attraction », fait valoir M. Ferrandez.
Il concède que le contexte n’est pas facile pour les commerçants du Plateau, notamment pour ceux de la rue Saint-Denis.
« Saint-Denis ne va pas bien. On a un taux de vacance élevé et il y a environ 10 commerces de tatouages qui ont ouvert. C’est sûr que ça crée de la compétition. Le boulevard Saint-Laurent allait très mal, mais est en train de remonter la pente. L’avenue Laurier ne va pas bien, car il y a eu des travaux qui n’en finissent plus. Ceux qui survivent sont des toughs de toughs. Prince-Arthur ne va pas bien du tout. Les rues Saint-Viateur, Fairmount, Bernard et Rachel, quant à elles, vont bien », estime M. Ferrandez.
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Avenue du Mont-Royal
La situation de l’avenue du Mont-Royal laisse le maire dubitatif. La hausse importante des loyers et des taxes ainsi que les changements de direction sur les rues Laurier et Christophe-Colomb nuisent aux commerces, reconnaît-il. Néanmoins, il estime que l’artère dispose d’un incroyable potentiel de développement.
« Si je prends une photo de l’avenue du Mont-Royal aujourd’hui, je vois une artère dynamique et pleine de monde. Est-ce que ça va durer? Je ne le sais pas.
« Est-ce qu’on peut rendre Mont-Royale plus attractive? Oui. Les terrasses sur chaussées, un concept élaboré par les commerçants et bonifié par notre administration, font partie de la solution. Ç’a beaucoup amélioré son attractivité. Mais il y a encore du travail à faire. Il faut créer des marchés de Noël, faire davantage de verdissement, élargir les trottoirs, etc. J’ai bon espoir qu’elle devienne un véritable incontournable, un peu comme l’est la rue Saint-Viateur. Simonak ! On se déplace pour aller y boire un café dans un verre de carton, alors qu’on peut en trouver partout! », fait valoir M. Ferrandez.
Il soutient que l’avenue du Mont-Royal possède un atout pour devenir une véritable destination commerciale : elle se trouve au cœur du quartier.
« Saint-Denis et Saint-Laurent ne croisent que des artères ou des rues collectrices. Mont-Royal est un cas d’urbanisme génial, car elle croise des rues résidentielles; c’est là que les gens se rejoignent. C’est un milieu de vie et il faut lui trouver un avenir », dit-il.
Plusieurs scénarios sont envisagés pour revitaliser l’artère, tels que des changements de direction sur certains tronçons, voire même la piétonnisation de celle-ci. Dans les mois à venir, la population et les commerçants seront consultés sur les orientations à privilégier dans ce dossier.

