« Dans les années 1990, il y a eu une diminution sensible du nombre d’emplois manufacturiers et plusieurs établissements sont restés vides, comme les usines du Mile End et les terrains du Plateau Est. Au début des années 2000, on a senti un regain d’intérêt pour une requalification industrielle de ces quartiers. C’est spectaculaire ce qui se passe sur le Plateau », explique, d’entrée de jeu, M. Ferrandez, relatant l’exemple de la compagnie Ubisoft, qui a choisi de demeurer dans le Mile End, malgré des infrastructures qu’il qualifie de « déficientes ».
Selon lui, cette situation s’explique par le fait que les entreprises choisissent davantage des « milieux de vie », où l’on retrouve de la mixité sociale et économique, et croit qu’il s’agit d’une richesse immatérielle qui détermine la force économique d’un quartier.
« Quand un milieu de vie est attrayant, les gens viennent, peu importe les contraintes. Si les choix n’étaient que rationnels (disponibilité du stationnement, coût des loyers, etc.), on retrouverait beaucoup plus d’entreprises au coin d’Henri-Bourrassa et Lacordaire. Par exemple, dans le Mile End, le cadre bâti répond aux besoins des artistes, mais pas nécessairement à ceux des entreprises, pourtant, elles vont s’y installer. On a même une université qui s’en vient. Je ne peux pas vous en dire plus, mais une annonce sera faite bientôt. »
« Le Plateau Est possède des installations qui sont plus difficiles à réinterpréter. Malgré tout, on retrouve un nombre d’emplois beaucoup plus important que ce à quoi on s’attendait, et ce, malgré le départ du Journal de Montréal », fait-il valoir.
Un troisième pôle de développement économique est en train de se créer sur le terrain de l’hôpital Hôtel-Dieu. Avec la construction du nouveau CHUM, celui-ci deviendra vacant et offrira un grand potentiel d’aménagement, estime le maire.
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« Nous avons trois pôles pour lesquels nous devons nous questionner. Nous ne sommes pas des passifs. On a un parti pris pour l’aménagement et la planification. Il y a moyen de poser des gestes structurants pour protéger les artistes et maintenir les emplois, tout en optimisant les zones résidentielles », indique-t-il.
M. Ferrandez souhaite, grâce à ces projets de revitalisation, faire en sorte que de plus en plus de gens qui travaillent sur le Plateau y résident, créant ainsi un quartier à l’échelle humaine.
« Le défi est d’attirer les gens et de faire en sorte qu’ils restent ici. Il faut que la ville soit un milieu efficace, performant et utile, tout en étant un lieu confortable et tranquille où les résidents peuvent vivre et s’évader. On fait face à un énorme défi pour retenir la classe moyenne. Je veux que les gens vivent et meurent sur le Plateau, et non qu’ils s’en aillent en banlieue. »
Campus Outremont
Un autre projet risque d’accélérer le développement économique du Plateau : celui du campus Outremont.
« Ça va créer une grosse pression immobilière sur tout le Mile End. C’est sûr qu’il y a des avantages à cela, mais je m’inquiète davantage des inconvénients. Pour ma part, je considère qu’il s’agit d’une perte, plus que d’un gain. Mais si on regarde strictement l’aspect économique, c’est positif », concède M. Ferrandez.

