Selon Michel Depatie, directeur général des la Société de développement Avenue Mont-Royal (SDAMR), la marge de manœuvre des SDC pour attirer de nouveaux commerçants est relativement mince.
« On ne contrôle pas les locaux, comme c’est le cas dans un centre commercial. C’est sûr que l’on conseille ceux qui veulent venir s’installer chez nous, mais nous n’avons pas les structures nécessaires pour faire du vrai recrutement commercial. On fait davantage d’accompagnement et de formation », explique-t-il.
Néanmoins, il tente de faire en sorte que son artère commerciale demeure attrayante pour ceux qui désirent s’y partir en affaires. Il a demandé aux propriétaires de locaux commerciaux de ne pas trop augmenter leurs loyers.
« Ils voient que ça ne va pas bien : leurs locataires ont plus de difficulté à payer leur loyer, leurs locaux restent vacants plus longtemps, etc.
« C’est sûr que dans les secteurs est et ouest de l’avenue, il y a toujours eu plus de locaux vacants. On remarque même que ça va un peu mieux. Par contre, depuis un an, on se rend compte que c’est le secteur centre, près de la rue de la Roche, qui en a perdu. On attribue cette situation au fait qu’il n’y a plus d’accès central par le biais de l’avenue Christophe-Colomb », indique M. Depatie, soulignant du même coup que le taux de vacance de l’avenue du Mont-Royal était pratiquement nul en 2009, alors qu’il frôle présentement les 4,6 %.
Il estime que le recrutement de commerçants devrait se faire à l’échelle métropolitaine, afin d’avoir « un bassin de locaux vacants de différentes tailles et des ressources professionnelles spécialisées », pour à freiner l’exode des commerces vers les banlieues. Néanmoins, l’Association des SDC de Montréal, dont il assure la vice-présidence, ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour mettre en place une telle initiative.
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« On a positionné l’avenue du Mont-Royal pour qu’elle offre une expérience de magasinage différente. On a été un modèle et des consultants sont venus analyser nos méthodes pour les appliquer au Carrefour Laval et au DIX30. C’est à ce moment-là que Farfelu et que Dans ma bouche ont ouvert à Laval. Avant, les gens venaient à Montréal pour le divertissement et la restauration. Maintenant, ils trouvent tout ça en banlieue », analyse-t-il.
En parallèle, il constate que plusieurs commerces délaissent le Plateau et l’avenue Mont-Royal pour s’installer sur la rue Masson, dans l’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie.
« À Montréal, certaines artères sont des rues de destination, tandis que d’autres ne le sont pas. La rue Masson n’en est pas une. C’est l’fun qu’elle se développe, mais elle a des limites de par sa structure. Ce n’est pas une rue centrale, il n’y a pas de transport en commun pour se rendre là. Elle va bien desservir le Vieux-Rosemont et elle est en train de se développer. Par contre, elle ne sera jamais plus qu’une rue locale. L’avenue du Mont-Royal, quant à elle, est à côté du centre-ville et de la station de métro du même nom. Elle possède aussi une forte structure commerciale », estime M. Depatie, soulignant que plusieurs commerces de l’avenue du Mont-Royal aillent s’y installer.

